samedi 21 novembre 2009

Coming out de ma muflerie

Ça y’est c’est fait !
Ma première bourde majeure sur mon blogue !

Ce qui devait être une belle journée passée en bonne compagnie autour d’une bonne bouffe se transforme en temps qui s’étire dans la lourdeur des remords et tout ça par ma faute …
La grandeur de ma gueule n’a d’égale que la dette Américaine, le tact me fait parfois défaut et la haine du mystère me fait souvent dire tout haut ce que les gens pensent tout bas.
J’ai le verbe grandiloquent, le qualificatif généreux et la description mélodramatique.
Ce qui laisse toute la place à l’interprétation sous toutes ses formes, plaisantes ou désagréables.

J’évolue dans un milieu où une personne de qui fait de l’embonpoint se fait affectueusement appeler « El gros », où l’on se moque de toutes les failles de conduite automobile en vous baptisant d’« Estik de femme au volant » et où les gens atteints de gingivites se font demander devant tout le monde s’ils n’ont pas , par hasard, « mangé un petit bâton de caca », on n’oubliera pas de critiquer vertement votre coiffure en s’informant du combat ultime entre vous et la brosse à savoir qui a gagner, si vos vêtements ne plaisent pas à la majorité on entendra surement quelqu’un dire qu’il y avait dons de vêtement au comptoir de la Maison du Père y’a deux jours , vous passez une mauvaise journée et vous manquez d’énergie, on rassurera très vite les comparses que vous êtes là suite à l’obtention d’une subvention pour la réinsertion sociale , bref …

La moquerie domine, la petite humiliation quotidienne devient signe d’acceptation et la raillerie vaut l’équivalent d’une accolade.
Le mot d’ordre : Si on vaut pas une risée, on vaut pas grand-chose.

J’ai une famille qui s’aime à grand coup de règlements de comptes incisifs et baveux dans la plaisanterie tout en disant des vérités décorées de quolibets, ce qui nous sied en général, ce qui reste dans nos têtes dures et nos cœurs de pierre plus efficacement que la façon douce et courtoise de communiquer ses doléances.

Pendant ce temps, force est d’admettre que la bitcherie quotidienne comme le lait dans nos cafés, nous efface doucement mais surement le peu clairvoyance émotive qu’il nous reste pour jauger les Autres. Ceux qui sont doux, délicats, gentils, à l’écoute, sensibles, affectifs, intuitifs, compatissants ou encore vulnérables et pour qui une dérision vaut une claque sur le nez.


Tout le monde n’a pas la corne au ventre comme les gros lourdeaux de la construction à leurs mains ou comme les clowns du cinéma à leur caractère.
Tout le monde n’a pas la verve et la loquacité de mon Clan Familial turbulent.

Il ne se fait donc pas rare que, de par mes descriptions parfois trop spontanées, je froisse les gentils qui ne méritent pas de se sentir comme des parias.
Il arrive parfois que mes lancées lyriques soient perçues comme des critiques acerbes et méprisantes qui risquent de blesser profondément ceux et celles qui les perçoivent ainsi.
L’interprétation du mot « Débarquer » peut sonner comme débarquement, voire invasion.
Tout est dans le momentum.

Mais là … j’ai fais de la peine à des gens que j’aime, que je ne vois pas assez et qui ont leur lot d’inquiétudes à gérer, qui ont vraiment mal pris un petit passage dans un de mes texte (que j’ai changé pour enlever l’injure à l’insulte) qui pourtant , quand il fut écrit, le fut avec une douce moquerie toute coquine sans arrière pensées condescendantes.
Sauf que j’y ai surement été un peu fort, sur un sujet surement trop sensible, dans un moment qui n’était surement pas le bon et franchement, je suis plus que honteuse et pleine de remords.

Je me trouve franchement médiocre et insensible et j’ai le cœur immensément gros.
J’ai dis au téléphone combien j’étais désolée et combien le but des trois lignes écrites n’était pas d' insulter mais bien pour tirer la pipe.

Bravo, Bravo La Shirley pour cette fabuleuse gaffe qui prouve bien que ce n’est surement pas seulement un mal de dos qui empêche le déroulement des festivités prévues mais surement un mal à l’amour-propre et à la fierté qui paralyse et fait mal avec raison.

Je suis d’une muflerie infantile parfois navrante qui me fait passer pour ce que je ne suis pas, une Shirley méprisante et arrogante qui regarde les gens de haut et qui endure plus qu’elle n’apprécie la présence des gens.

En gros, ça courre mal avec un pied dans la bouche et j’en tire une jolie leçon de tact et de subtilité dans le gros repentir sincère et affligé.

Je vous aime savez …

4 commentaires:

Paco a dit…

Beau texte. Sincère et d'une grande sagesse. On a tous nos défauts et ont faits tous une bourde parfois... faut pas s'en faire. On m'a déjà traité de plein de noms et je m'en suis remis en riant... après un temps... Quand l'amour et le respect sincèrent sont à la source, le reste fini par passer, pouvu que les leçons soit assimilées... et de toute évidence, une grande leçon fut assimilée... Relax Shirley... et moi aussi j'en veux des truffes, bon!

Christ'elle a dit…

Ben là ma douce Shirley...je suis pas d'accord avec la fin de ton billet. Oui, ça arrive de faire un faux-pas diplomatique avec d'autres que sa famille si habituée. Oui, on peut se mettre le même pied dans la gueule deux fois plutôt qu'une. Oui on peut tenter de marcher sur des oeufs et faire une jolie et savoureuse omelette. Oui. Mais tu n'arriveras jamais à me rentrer dans la tête...même si c'est à coup de crow-bar, que la Shirley est une insensible tache!! Jamais!! L'incompréhension dont tu es victime est peut-être justifiée, vu l'incompréhension du puclic ciblé, mais la rancoeur n'y a pas sa place. Tous ceux qui te connaissent une miette pourront en témoigner: le coeur sur la main, l'oreille disponible, le conseil personalisé et l'empathie grandeur nature. La tite joke pis la risée c'est bone pour tout le monde...surtout ceux qui n'y sont pas habitués. À défaut de faire rire d'eux par leurs proches...leurs moins proches s'en occupent. C'est t'y pas beau ça!!

By the way...I miss you! -xo-

Rouge a dit…

Évidemment étrangère à tout cela, je ne peux que soulever mon chapeau pour cet aveu sincère, à la face de Nous lecteurs et de ceux qui se sont sentis floués.

Même si je ne suis pas si étrangère à ces gaffes qui parfois sortent de ma bouche sans le vouloir, ce manque d'empathie face aux autres dans le feu de l'action qui me déchire le coeur quand je le réalise. Avec le temps, j'en fais moins qu'avant. Preuve que l'on s'améliore doucement mais sûrement. Fichue impulsivité !

fouinet a dit…

Certaines bourdes que j'ai commises avec des gens que j'aimais me sont revenues en mémoire et tout comme toi cela m'a beaucoup attristée.Intelligente sensible et attentionnée aux gens comme tu l'es je ne doute pas que ce petit écart t'est définitivement pardonné.Continue à faire plaisir avec tes truffes ...ça..ça te ressemble.