jeudi 26 décembre 2013

La maladie d'amour et autres conditions physiques



Elle essayait très fort de sourire mais elle avait l’œil embué trop facilement, mauvaise ventilation faut croire … Fallait que les jokes soient drôles solide pour lui tirer un vrai rire plutôt que ce rictus weird empreint de tristesse. C’était tellement pas elle … Miss De Bonne Humeur en personne avait son nuage orageux au-dessus de la tête comme une fille qui va se reposer à Cuba pour pas cher et qui n’apporte que des bikinis pour se taper la semaine au complet dans sa chambre frette pour cause de pluies diluviennes et vents contorsionnistes.

Pourtant elle jurait que tout allait bien puisque cette situation était prévue, discutée, à l’agenda comme un amour de vacance avec une date de depart et aucunes possibilités de revoir la personne qui fait vibrer. Les jeux de l’amour-amitié-modernes  lui allaient bien depuis un bon moment, elle gérait quoi ! Le cœur sur la glace, le cul au chaud avec des amants de passages tous plus attentionnés les uns que les autres, tiens on s’en prends un de plus vu qu’un autre se fait remercier sans 4%, et puis malgré les ecarts d’âges, de buts, de rêves, de timing le petit dernier lui a collé à la peau, l’a fait rigoler fort, l’a impressionnée par son intellect, l’a honorée comme jamais dans sa vie auparavant, elle avait pourtant été gâtée côté charnel mais là … les yeux au ciel et le trémolo dans la voix elle jurait que jamais on ne l’avait envoyée au 7ieme ciel de la sorte, que plus jamais ça ne lui arriverait … bref , pauv’tite chatte elle a travaillé fort pour ne pas sombrer dans les abymes de l’amour. 

Paraitrait qu’il y a des lois dans les joutes du Fuck-friendship (ouuuh la jolie expression …), ne pas être romantique, ne pas se regarder dans les yeux trop longtemps, ne pas se présenter aux familles, aux amis, se garder un minimum d’activités en dehors du lit, ne pas trop compter sur l’autre en cas de malheur, telle une professionnelle de l’amanture , ma chum me raconte tout ça, me jure qu'elle a appliqué toutes les modalités comme une pro mais aussi comme pour se convaincre plus que pour m’apprendre les rudiments d’un truc vaseux que je maitrise fort bien moi-même mais je ne savais pas qu’il y avait des « lois » non-écrites pour ceux et celles qui voudraient s’y aventurer … Et puis elle me dit qu’elle s’inquiète d’elle-même par moment. Je suis sa chum, sa meilleure amie, voir si on me dit une chose pareille !!! Tu t’inquiètes de quoi pardi ????  

En se tortillant le énième kleenex que je lui refilais avec constance, elle m’explique qu’elle a des pensées obsessives du pauvre bougre, qu’elle se parle toute seule, qu’elle invente des scenarios, qu’elle buche comme une cinglée pour s’empêcher de lui envoyer des emails et des textos pathétiques, elle a des vagues de larmes qui la défigure tel un tsunami Thaïlandais, elle me dit qu’elle ne dors plus ou très mal, elle rage parce qu’elle voudrait d’une part qu’il souffre et s’ennuie d’elle , qu’il regrette et revienne en courant mais qu’au fond elle ne lui veut aucun mal, surtout pas, cette fille qui d’habitude bouffe comme un ogre regarde par terre, les yeux larmoyants comme un  dessin animé Japonais , en me disant qu’elle n’a plus d’appétit , plus envie de sortir, plus envie de se faire jolie, même plus envie de sauter sur ses autres amants , ça lui fait peur d'être comme ça …

Sa peine me rappelle tellement mon état d’il y a deux ans et des poussières que j’ai mal pour elle ! Juste avant les fêtes en plus … Je sais une chose maintenant, malgré les lois, les protocoles et les barèmes du Royaume des Jeux de Fesses, le seul et unique Roi et Maitre du cul , des sentiments et du cœur est le TEMPS. King Time. On peut l’acclamer ou le détester  profondément. Le détester pour les mauvais timings de rencontres, d’étapes de vie, de lieux, de situations ou d’affectionner les résultats quand il passe vite ou doucement et qu’il nous fait oublier ou rencontrer et vivre pleins de moments et de gens inoubliables. La Queen Vie. Le King Temps.

J’ai continué de flatter son dos, je l’ai rassurée sur son état en lui disant que je crois qu’il faut accepter la réalité : Elle était tombée amoureuse et vivait un gros rejet du au congédiement  plutôt qu’une fin de contrat même s’il n’en était rien. C’est bel et bien une fin de contrat. Mais avoir de la peine à outrance est une condition physique autant qu’une condition affective . Ça fait mal caliss ! Je lui ai fait lire une lettre post-mortem écrite après le départ de mon Ex et elle s’est remise à pleurer en lisant ceci : « Certain que c’est moins violent de se faire arracher une jambe à froid que de rentrer dans une maison vide de toi et de ta vie. » Je ne voulais pas la faire pleurer plus fort mais lui faire comprendre que la peine, ben ça fait mal pour vrai pis partout et qu'en état de douleur on devient tous un peu fous ! 

J’ai quand même évité les phrases en canne que je détestais tant à l’époque, je lui ai évité aussi ma pensée ultime qui dit qu’on ne doit pas essayer d’éloigner un homme de son rêve, surtout si ce rêve c’est d’avoir des kids, je ne lui ai pas dit non plus qu’effectivement, quand la barre est haute côté lubrique, les retours dans la ligue des « sur-le-marché » peuvent être décevants et déprimants (jusqu'au jour où on retombe sur la personne qui sait jouer de notre corps comme Santana de sa guitare ), j’ai décidé que je ne ferais même pas de joke sur notre état de cougar plus toute fraiches fraiches … c’était pas le temps … Elle se croyait forte, elle s’est blessée dans un sport un peu extrême, elle boite, elle manque de courage et m’a demandé si ça se pouvait de ne plus tomber amoureuse JAMAIS !!!! avec plein de morve dans le nez et les joues râpées par les larmes . Je ne savais pas quoi répondre. Comme un cancer du cœur, la maladie d’amour qui la ronge … 

Je lui ai donné un autre morceau de fudge de Noël fait par ma mère.

Un autre kleenex.

Et je l’ai bercée.

Y’a rien d’autre à faire, en espérant que le Temps passe vite.

 

 

samedi 1 juin 2013

Dormir ?

J'en ai parlé ici , beaucoup, parfois j'ai même parlé de mon lit comme d'un amant secret ...
Le sommeil .
Mon Saint Graal.
Mon Eldorado.

Au risque d'y perdre des amis, mes couples, ma famille, mon lien si fort avec mon fiston, ma santé ... c'est tout ce que je sais faire et j'aime ce que je fais.

J'ai encore le feu sacré, l'envie et l'énergie, entourée des meilleures de l'industrie d'ici mais comme tout le monde dans ce beau bassin de fous talentueux et inventifs, j'ai besoin de dormir et je crois que mes compagnons en ont autant besoin que moi.

Ce monde en soit n'a rien de facile et de si brillant que ce que ça veut bien le montrer, ça ressemble plus comme un gros sourire après une grosse chicane qu'on se met dans la face pour un party de famille. Parfois, certaines chicanes restent constructives ...

Reste que c'est le côté sombre de notre industrie et c'est partout pareil et étonnamment, tout le monde se plaint et rien ne change ...
La fois que j'en ai parlé sérieusement à une personne en position pour faire avancer la cause des dodos-perdus , je me suis fais dire : -"Tant qu'ils payent, on peut rien faire ." ou encore  -"Faites des rotations de staff." ou encore -"C'est de même fille, si t'aime pas ça tu sais ce que tu as à faire ..."

Bref ...
Pour plus de renseignements sur le "sleep-depravation" en milieu cinématographique , les petites vues du Samedi reprennent sur Mégot Zillé !


WHO NEEDS SLEEP? from IMAGO - CINEMATOGRAPHERS on Vimeo.

dimanche 3 mars 2013

Un quart



La dernière fois que j’ai vécu une insouciance complète je devais avoir 17 ans …

Une job, un appartement, un frigo plein, des amis, aucunes autres responsabilités que mon bill d’hydro et mon vélo rouillé. Ça aura duré deux ans avant que je ne me retrouve à vivre en couple avec tout ce que ça contient de bonheurs et d’irritants.

Il y a un an exactement je rentrais douloureusement, à petits pas incertains dans une vie vide d’amoureux, de progéniture, de responsabilités familiales ou de tout autre baluchon de vie à gérer. Le cœur remis, les larmes séchées, seule une légère sensibilité reste à la cicatrice laissée comme une balafre de guerre, comme une grosse poque dans mon armure. Mais malgré cette sensibilité, la joie de vivre c’est enfin remparée de moi, les fous rires sont de retours, j’ai recommencé à danser les yeux fermés les bras dans les airs ... 

Je vis enfin une insouciance que je n’avais plus eue depuis mes fameux 17 ans … Un quart d’année exactement, 3 mois à ne faire que ce qui me plait à l’heure que je veux sans cadran, sans rendez-vous, dans les bras de qui je veux, quand ça me le dit, selon les dispos … Je rentre tard, je me lève tard, ne me sens pas coupable de Facebouquer des jours entiers, je prends soins de ma face, de mon corps mais sans pousser, vois les amis au moment où ça marche pour tous, boit trop ou plus du tout, mange bien ou trop, dépense mes économies en plaisirs seulement et ne fais absolument rien de constructif, je balance mes RV importants pour me sauver dans une autre ville, brave la tempête pour aller chanter bonne fête dans une campagne plus tôt que prévu et me bat contre la gravité en faisant des squats tous les jours , je me booke des « date » avec Vivaldi et j'ai regardé la télé 3 fois! Oui oui, moi ! 

Plus rien ne tient et c’est fabuleux, j’ai tout mélangé et ça me fais un bien fou ! Le boulot reprendra dans 4 semaines sous forme de Super héros de Comics avec, encore le Dream Team Canada A-1   Iso900045, et de vieilles connaissances Hollywoodiennes, les horaires de cinglés et les capuccinos à volonté ! Je me suis remise de mon presque-burn-out, je dois seulement recommencer un beat diurne, les mémentos de Vampires et de Loups-Garou c’est bien mais c’est rarement la réalité des plateaux de tournage, faudra y penser bientôt, mais chuuuuuuut, pas tout de suite  … 

Ce quart d’année aura été salvateur, doux, suave, remplis de joutes de mots, de couleurs de peinture, de moves de danse vaudou, de musiques nouvelles et anciennes, de belles torpeurs lubriques, de lectures emballantes et de saveurs spontanées dans des assiettes inattendues … J’aurais pris un autre mois du même genre pour prendre un cours ou deux, pour partir au soleil peut-être mais que dis-je … la vacance c’est entre les deux oreilles que ça se passe !

La beach et la mer peuvent m’attendre, j’ai encore une vie à vivre !

vendredi 21 décembre 2012

Et s’ils avaient eu raison


Votre dernière minute de vie en flash-back devant vos yeux, ça aurait eu l’air de quoi ? 

Auriez-vous des regrets ? Auriez-vous souri ? Les larmes, à part celle de la peur, elles auraient été lourdes de sens ? Si vous aviez quelques minutes pour téléphoner, vous appelleriez qui ? Si vous étiez Superman capable de revenir dans le temps sachant ce qui s’en vient, vous auriez pris ce temps-là pour faire quoi ? Seriez-vous satisfaits en général ou plein d’amertume d’avoir passé à côté trop de choses qui étaient pourtant là, si proche … 

De mon bord de Shirley, j’aurais surement souri … Souri à la pensée d’être aimée par une famille formidable même si on se crêpe le chignon. J’aurais souri à mon instinct de survie plus fort que tout qui m’a bien sortie de quelques merdes. J’aurais montré toutes mes dents à la seule pensée de mon Mister Fiss qui est venu tout changé, tout le temps pour le mieux. J’aurais aussi souri à la pensée des hommes que j’ai aimés et qui me l’ont si bien rendu, malgré tout. Et je me serais pissé dessus de rire à la pensée de toutes les anecdotes folles que ma job folle m’a permis de vivre.  

Des regrets, vite de même ? Bwoooffff … pas assez pour me gâcher ma dernière minute de vie si les Mayas avaient eu raison ! Ils auront toutefois réussis à me faire faire l’exercice ci-haut mentionné et me faire tordre de rire à la lecture de tous les faits divers entourant leur prédiction catastrophique, de tous les statuts écroulants et de toutes les images farfelues pitchées ça et là sur le web, je leur doit bien un petit sacrifice quelconque pour ça ! 

Je vais sacrifier une dinde et quelques verdures, arrosés de toute sortes d’alcool et de chants d’hurluberlus entourée de ceux que j’aime et vu que la fin du monde n’est pas cette année, je vais en profiter aussi pour vous dire tout mon amour et mes vœux de bonheur et de santé.

Quand je pense qu’y’en a qui pensaient ne plus jamais payer de bills , c’est extraordinaire !
 
Allez, bon renouveau !

 

 

 

 

vendredi 14 décembre 2012

Abandon sauvage



Il était une fois un blog en friche, de la mauvaise herbe partout, des chardons et pleins de petites bêtes envahissantes … Mes râteaux sont rouillés, mes pelles pleines de croutes et mes sceaux remplis de poussières. Pas eu le temps de jardiner depuis Juillet ! Pas eu le temps de faire quoi que ce soit d’autre que d’essayer de mener le dernier projet à bon port !

Jamais je n’ai travaillé si fort si longtemps, jamais. J’ai pourtant la chance inouïe de travailler sur les plus gros tournages faits ici, j’ai déjà pensé y laisser ma peau, géré des crises importantes, poussé mon petit body au plus loin pensable mais là … Autant dire que ce film là nous a emmené sur des rivages tous plus hasardeux les uns que les autres. Ce matin, au son du mot WRAAAAAP , il y a eu comme un relâchement des sphincters lacrymaux et une mollesse inattendue au niveau des genoux que je n’avais jamais expérimenté !!! J’ai bien failli m’écrapoutir sur le sol que je ne voyais d’ailleurs plus très bien …

Autant dire que dans la tornade il y aura eu des moments de pur bonheur, des rencontres inoubliables, des exemples de professionnalisme rares et des tests d’endurance passés haut la main. Il y a eu aussi des acteurs trop drôles et charmants, un fou furieux-furax qui nous aura prouvé une fois de plus qu’un cours d’intervention d’urgence psychiatrique devrait être donné à toutes les habilleuses du monde par nos syndicats respectifs, un Patron-Robot qualité Germanique qui nous a fait le détester et l’aimer en même temps entouré de Chefs de départements tous plus adorables et talentueux les uns que les autres, il y a eu aussi des drames, des accidents graves, des séparations d’une tristesse sans nom, des blessés de toutes sorte, des prises de becs fulgurantes et des injustices dues au jugement altéré des troupes sans sommeil. Une torture utilisée abondamment par le FBI, le Mossad et le KGB j’aimerais le rappeler !

Le pire est facile à se remémorer, les semaines de 6 jours à 95 heures et plus, les changements majeurs de dernière minute, une date de tombée qui rend tout impossible ou presque, les instabilités folles, les nuits trop trop courtes, les deuxièmes lunchs systématiques soit bons soit dégueus (pizza je ne te mangerai plus jamais tu m'entends !!!), les vies personnelles inexistantes et la lumière au bout du tunnel qui avait plus des airs de train qui fonce droit sur nous qu’un joli paysage ensoleillé mais j’aimerais surtout souligner tout ce qu’il y a eu de beau. Une équipe parfaite, des nouveaux amis chers, des challenges accomplis avec brio, du soutien moral et physique hors norme, des gens aux compétences colossales et aux qualités humaines qu’on ne retrouve surement pas ailleurs et au final, un produit explosif (tympans qui vibrent encore suite à tous les coups de feu et aux explosions qu’on s’est farcis depuis Juillet) dans un cinéma près de chez vous l’an prochain avec en prime les muscles de l’homme nommé le plus sexy de l’année et un président Américain cooler than ever !



What now … 10 livres en moins qu’au début du projet, de la nicotine qui me beurre les poumons, la face qui m’a descendue de 5 pieds, le corps en charpie et le néant d’une grille horaire soudainement vide, il est temps de reprendre sa vie en main. Tout d’abord DORMIR !

Ensuite songer à un menu formidable de Nowel pour accueillir ma famille que je n’ai pas vu depuis trop longtemps et ensuite penser à voyager au chaud, pratiquer l’art du Buto sur une plage avec des drinks sucrés en intraveineuse, remuscler mon pauvre body et nourrir mon organisme ammoché avec du vert croquant frais, essayer de me refaire une beauté et gamberger sur le côté affectif de mon futur, non mais à part des amis pour jouer et un petit sursaut affectueux inattendu , ma vie amoureuse ressemble l’immobilité d’un moine bouddhiste en pleine prière …
Pas facile de se remettre sul marché quand on se trouve moche et qu’on a plus d’énergie …
Bref, dormir et s’occuper de soi tsé !


Faudra aussi penser à désherber le blog …





samedi 4 août 2012

Et puis un jour …

Fallait se faire à l’idée, l’amour, parfois, c’est comme une chemise Gucci, elle a beau être belle, sexy, osée, on a envie de la porter tout le temps même si ça ne va pas avec tout , malgré la grande qualité de l’étoffe, ça peut finir par s’user …

Après une tempête du siècle du cœur , un blizzard soutenu, une brise du sud s’est retransformée en une autre tempête, bref, ça a tout raflé cette fois … On a bien essayé mais notre amour, comme une chemise Gucci usée, s’est retrouvé aux ordures malgré les bons soins et l’effort surhumain de la patcher et de la renouveler, ça n’a fait qu’étirer le moment triste de s’en défaire.  La Shirley est désormais célibataire. Pas triste. Pas contente. Juste célibataire.  

Le but des prochains exercices consiste à ne pas devenir cynique et blasée, ne pas retomber dans une ère de guidounage futile et usant, se rappeler ad nauseam que les histoires de Princes Charmants , c’est des histoires, pas la réalité, ne pas baisser ses attentes, ne surtout pas  les pomper non plus. Apprécier la solitude, s’encabaner juste ce qu’il faut, sortir un peu et continuer sur la belle lancée de l’Escalade qui me sied à merveille, c’est que j’ai quelques aptitudes et franchement, ça me vide la tête ! Et peut-être un jour, apprendre à séduire, se laisser cruiser même si je n'ai AUCUNS talents là-dedans ! Dans le genre handicapée de l'ensorcellement, je suis assez dure à battre ...

Le boulot est reparti, il m’annonce un record Guiness d’absentéisme sur les médias sociaux et les plates-formes électroniques ainsi qu’auprès de mes amis et ma famille … On se revois au Mois de Decembre ? Naaaaaan, je vais tenter bien fort d’écrire combien d’explosion on aura fait, combien de balles on a tiré, combien d’acteurs et de cascadeurs sont morts dans ma petite journée au travail et combien d’assiettes notre traiteurs aura servi durant la run d’un film qui a son premier coup d’éclat à la scene 36 sur 297, ça en dit long sur la couleur de nos mains durant ce tounage : ROUGES ! Mais comme d’habitude, je resterai une grande Prêteresse du Secret Divin puisque j’ai signé 1000 papiers jurant que je ne dévoilerais rien et serai fidèle à ma religion. Ne rien dire, ne rien montrer tant que le film n'est pas en salle !

Je n’aurai pas le temps de déprimer, j’ai vidé mon corps de toute son eau en pleurant 5 mois de suite , je me suis fait mal à analyser tout en éreintant les oreilles attentives de mes amis et en me trainant le corps au gym pour changer le mal de mon cœur vers mes muscles, je ne retournerai pas là, juré promis, craché ! Mais faire du 90 heures semaine c’est pas tellement mieux pour la santé sauf qu’avec les sous, je pourrais me sauver tout l’hiver vers de nouvelles aventures , au chaud à faire un peu de neuf avec du vieux ! D’ici là, un film catastrophe, une équipe costume extra-formidable et  une vie pleine parois rocheuses devrait me rapporter ce à quoi j’aspire le plus : Ma sérénité  ! 

Et puis un jour, pourquoi pas, l’équilibre presque parfait entre tête, cœur et vie !

samedi 7 juillet 2012

Hasta siempre mi cinema

Periple Sotogrande-Montreal qui se terminait hier sur un tarmac brulant.

Une fois rafraichie sous une douche plus que méritée, une petite sieste réparatrice, deux ou trois petites bouchées avalées pour se faire un fond tapissé anti-saoulerie-express, une paire de talons hauts,un petit kit noir moulant, des boucles d’oreilles achetées chez Freitag  , hop, saut dans un taxi aux banquettes qui piquent vu la moiteur amalgamée au velours râpé, tout ça jusqu’à l’ancien repère de celui qui sera dorénavant plus connu pour ses critiques du mouvement étudiant que pour ses succès en course automobile … La restauration n’étant pas son dada, l’endroit vendu à je ne sait qui porte quand même son nom en anglais et au final, c’est formidable pour y accueillir un groupe, le faire manger, le faire boire et danser ! La terrasse est géniale pour les fumeurs et les autres peuvent être sur le mini dancefloor interieur et  pointer leur index au ciel sans se faire emboucaner et profiter du seul courant d’air qui a souffler sur l’Île hier soir.  

Le Big Boss nous a monté un mini montage de son boulot et du nôtre qui s’accumulait depuis Avril en tournage, lui y a vu la moitié de ce qui lui reste à accomplir mais qu’à cela ne tienne, nous ses sbires, ça nous a plu ! Ce qu’on a vu nous a donné la claque dans le dos bénéfique qui dit « Allez, on a bien travaillé pour le rendre heureux le Bwossss », qui dit aussi que ce n’est pas 4 mois down the ditch comme ça peut arriver parfois, le mini-montage qui fait autant sinon plus plaisir qu’un chèque de paye. Je vous avertirai quand ça sortira sur nos écrans, je sens que ça ne sera pas gênant à vanter.

Ceux qui ont pris l’habitude de lire ce blog et qui ne travaillent pas dans le milieu du cinéma savent parfaitement maintenant que ce n’est jamais chose facile, qu’on fait des horaires de débiles, que beaucoup de gens sont loin de chez eux et de ceux qu’ils aiment, que le mot dead-line prend pratiquement des formes littéraire du dit mot, on a souvent l’impression qu’on va mourir ou manquer d’air tellement tout était du pour hier, mais ils savent aussi que la promiscuité forcée nous oblige à apprendre à connaitre des gens qu’on ne côtoierait jamais et apprendre à voir le meilleur d’eux, ils savent que les cinémateux sont comme des troupes de Cirque, colocs de l’aventure de  l’image, conteurs de folie en scopitone, artisans en cavale et qu’en bout de course il y a des résultats et des amitiés inattendues, des cœurs brisés, des débuts d’idylles et rapports renforcés par des liens non-détachables, solides. Ceux qui travaillent dans le milieu du cinéma et qui lisent ce blog vont me dire : No Shit Sherlock … je sais c’est une évidence.  

Mais j’annoncerai à tous et toutes que ce tournage n’a pas fait exception ! Après des débuts cahoteux , des moments chaotiques, des fous rires irrépressibles, des prises de becs corsées, des accolades et des bizous, même chez les grands et gros garçons, des solidarités féminines et des mouvements de groupes coalliés dignes des grands moment de Jimmy Hoffa, le tout mariné dans une saumure à deux ingrédients : l’amour du cinéma et l’envie du travail bien fait, pour, au final, un résultat qui nous rendra surement fier de ce qu'on a fait.

Et on a fêté tout ça hier soir en dansant et en buvant un peu trop, en n’oubliant personne dans la distribution d’étreintes finales (enfin, presque … on peut pas aimer tout le monde … ) et en se souhaitant de se revoir sur un autre continent, loin du boulot, de préférence sur une terrasse avec un café ou un drink à se dire « À toi pour toujours mon cinéma » et prendre des nouvelles des autres.

D’ici là, la vie continuera sous des airs de vacances, de bains de soleil, d’escalade et de souper entre amis jusqu’à l’arrivée du nouveau contrat, quelque part en Août …

Blog en vacance à partir de tout de suite !

Bizous !

dimanche 24 juin 2012

Bonne fête !!!

Dans tous les bruits qui nous étourdissent depuis déjà un petit peu trop longtemps, celui de l'échange , même caffouilleur, me semble le seul qui donne un peu d'espoir.
Echanger avec vos amoureux.
Echanger avec votre famille.
Echanger avec vos collègues.
Echanger avec vos amis.
N'importe quoi !




Vos idées, vos avis, vos opinions, vos limites, vos façons de penser et de voir le monde, vos aspirations, vos repas, vos bras et vos épaules en cas de tristesses et vos bons mots contre les tracas.
Le partage et la nuance. Echangez les entre vous !

Cessez donc de larmoyer, de crier et de bitcher à tout vent sans différencier les urgences !
Essayez un 24 heures du Rire et de la Gentillesse obligatoire une fois par semaine !
La Tyrannie de la Bonne Humeur , ne serait-ce que pour se désinfecter du venin ambiant !

Allez les amis, soyez beaux et bons, aujourd'hui c'est Fête !
Sortez vos plus beaux atours et allez danser !
Mille câlins Québecois purs et durs !

La Shirley

dimanche 20 mai 2012

Le Cercle Bleu



Dès le début du conflit étudiant, ma tête était ailleurs, loin des mécontentements. Trop occupée à panser mon cœur en charpie, les échos d’une chicane entre étudiants et gouvernement me semblaient tellement futiles face à la montagne de douleur que j’avais à surmonter que je ne m’y suis pas attardé ou si peu …

Miss Destiny m’a mis un voyage de job sur le chemin de la guérison et je m’y suis agrippé comme si ma vie en dépendait, amenant son lot d’activités professionnelles foisonnantes qui me tenaient loin des idées moroses et de la bisbille croissante. Elle a aussi remis l’homme que j’aime bien en place dans ma vie nouvellement bousculée. Tourbillon, tourbillon ! Autant dire qu’une réflexion sur l’augmentation des frais de scolarité passait en énième dans mes  priorités. J’avais tellement d’autres drinks à shaker !!!

Puis l’Espagne et son tournage farfelu dans des locations apocalyptiques avec des inconnus. Mais toujours mes journaux électroniques à reluquer au passage pour me rendre compte que la pagaille était prise dans mon chez nous natal … Les statuts Facebook enflammés, les obstinages qui virent en querelles, les amis virtuels qui se « unfriend », les vidéos d’informations démagogiques, les cris du cœur, les drama-queen, les carrés rouges, verts, jaunes, blancs et noirs, des articles à toutes les sauces massivement déployés et d’autres injustement oubliés. Des connaissances qui ne me paraissaient pas politisés auparavant devenant des émules diluées de Chantal Hébert, des gens ultra politisés devenus enragés et sans nuances et d’autres qui menacent de déménager en Suède !



Ça y’est, il n’en fallait pas plus pour que je me mette à lire TOUT ce que les journaux avaient à dire, à bouffer du lien internet sur qui est qui , qui dit quoi, faire analyser certains contenus qui me laissait pantoise par des spécialistes du sujet choisi (économie, socio, politique toute couleur confondue) et essayer tant bien que mal de me faire une opinion, la mienne, pas celle de mon homme, pas celle de ma famille, pas celle des émotifs drapés dans la vertu, pas celle de ceux et celles qui mélangent tous les sujets, pas non plus celle de la vieille garde archi conservatrice, la mienne d’opinion. Je me suis officiellement posée les questions : Hey Shirley ? Tu veux quoi toi comme Province ? Tu veux quoi comme vie Occidentale avec tout ce que ça compte de bien et de moins bien ? Tu veux qui comme PM ? Tu veux quoi comme droit fondamental ? Qu’est-ce que tu veux voir changer, qu’est-ce que tu souhaites garder de tes acquis ? As-tu un carré d’une couleur précise à porter ?

Et c’est là que j’ai eu une illumination tendance artistique ! J’ai fait des recherches basics sur les formes géométriques et sur les couleurs. Pas mal pour une introspection personnelle hein ? J’en ai conclu que je porterai dès ce jour un Cercle Bleu. Puisqu’aucun de ces groupes beuglants leur colère ne m’a épatée à ce jour, je me lèverai seule, tel David devant un Goliath multicolore, ne me laissant pas séduire par les mots joliment enlignés des bien-pensants, je ne me laisserai pas embrigader par les potes de Marine Lepen, je ne lancerai pas de boule de billard au corps policier et je n’arriverai pas à me positionner en plein milieu, me faisant l’arbitre de tous ces groupes aux idéaux bien brumeux et je ne tenterai pas d’arrêter la fougue de mes enfants qui malgré tout, issue pas issue, auront de belles histoires à raconter à leurs enfants. Non …

Si il faut me mettre dans une case, m’étiqueter à tout prix, me forcer à prendre un camp, je devrai inventer mon propre royaume avec son propre drapeau ! Parce que mon idéal n’est nulle part en ce moment ! Je me sens seule ! Très seule ! En plus de tout mélanger en politique (municipal, provincial et fédéral), de ne rien y connaitre, j’avoues que je suis prise dans mes rigidités d’apprentissage; si c’est pas l’fun, je comprends rien, je n’apprends pas et je ne retiens le un millième des infos. Comme 80% de la population quoi … Je suis donc bien mal barrée pour y voir clair.

Par contre, je suis juste assez curieuse et instinctive pour me rappeler de ce qui est important pour moi et les autres et de m’intéresser à savoir comment le reste du monde vit. Liberté, égalité, paix, amour, santé et nourriture ! On dirait presque des vœux de bonne année !

C’est basic en tabourette ! Sauf qu’on a pris ça pour acquis. La personne qui me représenterait le mieux n’existe pas. Si je devais la construire moi-même, cette personne aurait la résilience et le courage de Pauline, la rigueur intellectuelle de Bachand, le front de Legault, le feu de la passion de Duceppe , la solidité de Parizeau, l’entrepreneurship de Charest (oui oui) et l’intelligence de la vision de René Lévesque. Elle aurait comme médecin de famille Amir et comme ministre de l’agriculture Elizabeth, aux services de la famille la belle Françoise et Mr Tremblay aux relations publiques, lui capable de nous faire passer pour gentil les pires trou-du-cul de la Ville de Montréal et pour finir, nos 3 mousquetaires étudiants comme recteurs d’Université ! Maintenant que mes élans de Docteur Frankenstein sont aboutis, je dois y mettre un logo, tout bon projet a son logo right ?!?

Le Cercle  (définition au milieu de la page )

Bleu (définition complete de la couleur , le reste des couleurs utilisées durant ce conflit sont à lire aussi)

Confirme trop bien ma pensée, mon idéologie de garder mes acquis, d’aérer le pourri, de s’enrichir chez nous avec tout ce que notre bout de planète contient de fabuleux, de donner une chance à ceux qui n’en n’ont pas, de laisser un peu plus de responsabilité à chaque citoyen, de ne pas tout faire gérer par un état-roi, de changer ce qui ne fonctionne plus, de décrotter la gangrène ambiante au sein des dirrigeants, accepter que ceux qui travaillent fort récoltent le fruit de leurs efforts sans passer pour  louches, être fiers de ce que nous sommes, inviter les autres à bras ouverts sans les transformer en fardeau, être conciliant devant une main tendue mais rester ferme si il y a de l’abus, se serrer la ceinture un peu, inventer beaucoup !

Comme d’habitude, je n’apporte pas de solution concrètes, je ne me prends pas pour une économiste, je ne me targue pas de conscientiser la masse et je ne blâme pas tout le monde non plus. J’en ai juste marre de la gronde, je n’en peux plus de la démagogie, j’ai soif de vérité et de justice POUR TOUS, pas juste pour le clan qui gueule le plus fort …



En gros, je veux la paix dans le dialogue et dans la recherche active changement. Mais tout le monde se chicane et moi la chicane, j’haïs ça !


mercredi 28 mars 2012

Souvenirs hivernaux

En cette jolie matinée grise enroulée dans un voile de neige lourde et humide, me remonte un souvenir, des souvenirs blancs et froids mais si chaleureux que j’ai envie de vous en faire part.


1999, mon Mister fils a 9 ans et vit sa quatrième année d’école comme un long chemin de croix. La seule chose qui le réjouit c’est les arts plastiques. Non … deux choses ! Il y a tout ce qui s’appelle activités parascolaires aussi ! Une en particulier fut mémorable. La confection de biscuits à vendre dans le but de ramasser des fonds pour une fin de semaine à Québec qui se déroulerait comme suit : visite du Parlement et activités hivernales dans une Base de plein air non loin de la Capitale.

La confection de biscuits ? No problemo, Tiku et moi sommes passés maitres dans l’art de la biscuiterie à la chaine et comme c’est l’hiver, j’ai plein de temps puisqu’au chômage pour aller aider à la vente des petites douceurs qui gonfleront les coffres pour l’aventure en vue. Allez hop, trop facile , on s’y met ! Ce que nous fîmes avec succès, en plus de vendre la totalité de notre butin à fort prix dans le but d’aider un peu ceux et celles dont les parents ne participaient pas et qui se mourraient d’aller faire la visite-activité-congé de parents eux aussi ! Un beau pot-luck communiste ! 

Une fois les cookies cuisinés, vendus et mangés, les bénéfices entassés dans un compte de banque, fallait bien y arriver, le jour J se pointait plutôt vite. Par un bel après-midi, tous les parents ont reçu une note de la charmante Julie, prof de 4ème année, qui demandait si certains d’entre nous seraient willing de faire du bénévolat durant l’escapade de 2 jours. Moi, Shirley Première du Québec, complètement ravie, cria à qui voulait bien l’entendre que j’irais avec plaisir, signa le dit papier et faisait une ronde gaillarde dans la cuisine avec mon Tiku qui ne savait pas exactement si il était content ou pas … Sa mère n’est pas tellement comme les autres, aillait-t-elle lui  faire honte ? Pouvais-t-on lire dans ses yeux pleins d’incertitude. 

La nouvelle est tombée comme un couperet aiguisé sur l’enthousiasme de la belle Julie : J’étais le seul parent à avoir répondu par l’affirmative ! Deux classes de 35 Tikus chaque, 2 profs à la tête d’un troupeau de gnous affolés et surexcités lâchés lousses dans les rues pavées du vieux Québec, dans la cafétéria du camp de vacances et dans la plaine enneigée de celui-ci ! Elle était complètement traumatisée !!! Que va-t-il advenir de nous, pauvres professeurs sans défense et sans autorité devant ces clowns en liberté ? C’est ben cute qu’il y ait des moniteurs pour les activités mais rendus au soir, les ablutions de 70 morveux en vacance, la coordinations des chambres, des dodos, la remise à l’ordre de ceux et celles qui vont jaser toute la nuit déranger les plus calmes, ceux qui freake parce que c’est leur première sortie, les somnambules, les chicanes, l’autre qui fait de l’énurésie nocturne, celui qui a oublié son ritalin et  qui saute partout, ma foi, on s’en sortira pas !!! C’était mal connaitre l’Arché-Clown en Chef que j’ai surement été dans une vie antérieure, ça ou Colonel  Américain de la Première Guerre Mondiale, faudrait voir avec une tireuse de cartes … À trois, on devrait y arriver ! ON VA Y ARRIVER ! 

Tout a commencé le matin du départ, je dis tout parce que l’hyper actif TDA avec agressivité avait oublié son rithalin, le suspens était à son paroxysme à 7 heure am, une fois partis avec un lot de bagage comme si on s’en allait escalader le mont Everest pour 6 mois, le groupe duquel je faisais partie avait déjà commencer à se sur-crinquer et c’est là que mon butin de chansons idiotes a fait la job mais il y a une fin à tout et on allait pas recommencer à chanter Trois p’tits chats 25 fois en ligne, les tannants se sont tanné d’être sage et quand j’en ai chicanné un, il a vite dit à son pote à côté, en Créole, « Map chiré elle man ! » C’était ne pas me connaitre que de parler dans la langue de Wyclef en pensant que je n’y pigeait rien ! Je lui ai répondu :-« Se mwen menm ki pral chire ou apa si ou kenbe t'ap rele byen fò !!!! »  La nouvelle a fait le tour du bus en 4 nano-secondes : La Maman d’Émile elle parle créole yo !!! Bref … le statuquo était en place, on ne déconnait pas avec la Shirley ! 

En gros, j’ai fait le chien de troupeau, accompagné à l'hopital un ti-énervé qui s’est planté la face dans un poteau en courant dans la rue, fait taire les indisciplinés dans le Parlement, mouché des nezs, accompagnés aux toilettes, commandé des lunchs, fait des jokes niaiseuses, repousser les troupes dans le bus pour s’en aller au camp de vacance, aidé à enfiler des raquettes aux petites Vietnamiennes, mis des skis, prêté mes mitaines à ceux qui n’en avait pas, pris des photos, distribué des jus, des petits pains chauds, ris allègrement des vantards, aider les  « rejects » , flatter le dos des deux profs complètement dépassées, coordonnées les toilettes des filles, fait des nattes, démêlé des cheveux en fin de bataille avec des tuques, calmé les inquiets, rabroué les insupportables, dormi dans un lit trop petit pour moi, ramené les somnambules dans leurs lits, jappé des ordres militaires au petit matin venu, aidé au ré-empaquetage des valises, hurler de rire avec les moniteurs et donner un coup de pouce au chauffeur d’autobus qui n’en revenait pas du montant de baluchons. 

Retour au bercail après une ride qui ressemblait plus à une fin de tournée de Rock Star, un nombre incalculable de petites bêtes endormies la bouche ouverte, qui oublient  l’espace d’un instant d’être cool  parce que la nuit fut trop agitée, un débarquement en ville auprès d’une cohorte de parents inquiets mais qui malgré tout, en ont profité aussi, un dispatch final des pack-sac et enfin , un retour à la réalité bien mérité. J’ai fait de grandes accolades aux deux maitresses d’école qui n’ont fait que me remercier en essayant d’inventer des nouveaux quantitatifs à mettre à côté du mot MERCI. J’en ai profité pour récupérer le mien de rejeton qui me regardait d’un air contrit puisqu’on ne s’était presque pas vu, lui étant avec l’autre groupe, c’était surement mieux comme ça … On a quand même fait le tour de nos anecdotes une fois attablés devant un bon souper chez nous. Les parents du petit défiguré m’ont téléphoné pour me bénir d’avoir pris soins de leur morveux et m’ont envoyé une bouteille de vin, y’a encore du monde qui savent vivre que je me suis dit ! 

Une semaine plus tard, je reçois un téléphone de la prof Julie qui me demande de passer en classe dès que je le peux. Le jour même j’avais un trou dans mon agenda de chômeuse et je me suis pointée là sans savoir ce qui m’attendait. Les élèves des deux classes avaient fait une carte géante avec pleins de petits mots et de bricolages charmants pour me remercier d’avoir été là avec et pour eux. J’ai braillé comme une Madeleine, l’ai serrée contre mon cœur, je les ai tous bizoutés et depuis ce jour, à chaque grand ménage où je jette mes souvenirs de papiers dans la récup, la carte risque de prendre le bord. Un peu avant le premier Mars, jour de déménagement dans  ce qu’on appelle dorénavant la Maison Blanche (une tite fille de 4 ans qui me l’a sortie celle-là), j’ai mis la carte dans mon grand bac vert. Ça suffisait le ramassis de cossins inutiles ! Le 1er Mars de l’An de grâce 2012 à 6.30 hr am, je me suis garochée dans la rue et j’ai repris mon bien ! IN-CA-PA-BLE de laisser cette montagne d’amour-là dans les rebus !

Elle dort doucement dans une de mes milliers de boîtes de rangement en me ramenant toujours à la loi # 1 de la vie : Un cœur d’enfant c’est gros comme ça et c’est de ça que mes souvenirs hivernaux sont parfumés !