vendredi 14 décembre 2012
Abandon sauvage
Il était une fois un blog en friche, de la mauvaise herbe partout, des chardons et pleins de petites bêtes envahissantes … Mes râteaux sont rouillés, mes pelles pleines de croutes et mes sceaux remplis de poussières. Pas eu le temps de jardiner depuis Juillet ! Pas eu le temps de faire quoi que ce soit d’autre que d’essayer de mener le dernier projet à bon port !
Jamais je n’ai travaillé si fort si longtemps, jamais. J’ai pourtant la chance inouïe de travailler sur les plus gros tournages faits ici, j’ai déjà pensé y laisser ma peau, géré des crises importantes, poussé mon petit body au plus loin pensable mais là … Autant dire que ce film là nous a emmené sur des rivages tous plus hasardeux les uns que les autres. Ce matin, au son du mot WRAAAAAP , il y a eu comme un relâchement des sphincters lacrymaux et une mollesse inattendue au niveau des genoux que je n’avais jamais expérimenté !!! J’ai bien failli m’écrapoutir sur le sol que je ne voyais d’ailleurs plus très bien …
Autant dire que dans la tornade il y aura eu des moments de pur bonheur, des rencontres inoubliables, des exemples de professionnalisme rares et des tests d’endurance passés haut la main. Il y a eu aussi des acteurs trop drôles et charmants, un fou furieux-furax qui nous aura prouvé une fois de plus qu’un cours d’intervention d’urgence psychiatrique devrait être donné à toutes les habilleuses du monde par nos syndicats respectifs, un Patron-Robot qualité Germanique qui nous a fait le détester et l’aimer en même temps entouré de Chefs de départements tous plus adorables et talentueux les uns que les autres, il y a eu aussi des drames, des accidents graves, des séparations d’une tristesse sans nom, des blessés de toutes sorte, des prises de becs fulgurantes et des injustices dues au jugement altéré des troupes sans sommeil. Une torture utilisée abondamment par le FBI, le Mossad et le KGB j’aimerais le rappeler !
Le pire est facile à se remémorer, les semaines de 6 jours à 95 heures et plus, les changements majeurs de dernière minute, une date de tombée qui rend tout impossible ou presque, les instabilités folles, les nuits trop trop courtes, les deuxièmes lunchs systématiques soit bons soit dégueus (pizza je ne te mangerai plus jamais tu m'entends !!!), les vies personnelles inexistantes et la lumière au bout du tunnel qui avait plus des airs de train qui fonce droit sur nous qu’un joli paysage ensoleillé mais j’aimerais surtout souligner tout ce qu’il y a eu de beau. Une équipe parfaite, des nouveaux amis chers, des challenges accomplis avec brio, du soutien moral et physique hors norme, des gens aux compétences colossales et aux qualités humaines qu’on ne retrouve surement pas ailleurs et au final, un produit explosif (tympans qui vibrent encore suite à tous les coups de feu et aux explosions qu’on s’est farcis depuis Juillet) dans un cinéma près de chez vous l’an prochain avec en prime les muscles de l’homme nommé le plus sexy de l’année et un président Américain cooler than ever !
What now … 10 livres en moins qu’au début du projet, de la nicotine qui me beurre les poumons, la face qui m’a descendue de 5 pieds, le corps en charpie et le néant d’une grille horaire soudainement vide, il est temps de reprendre sa vie en main. Tout d’abord DORMIR !
Ensuite songer à un menu formidable de Nowel pour accueillir ma famille que je n’ai pas vu depuis trop longtemps et ensuite penser à voyager au chaud, pratiquer l’art du Buto sur une plage avec des drinks sucrés en intraveineuse, remuscler mon pauvre body et nourrir mon organisme ammoché avec du vert croquant frais, essayer de me refaire une beauté et gamberger sur le côté affectif de mon futur, non mais à part des amis pour jouer et un petit sursaut affectueux inattendu , ma vie amoureuse ressemble l’immobilité d’un moine bouddhiste en pleine prière …
Pas facile de se remettre sul marché quand on se trouve moche et qu’on a plus d’énergie …
Bref, dormir et s’occuper de soi tsé !
Faudra aussi penser à désherber le blog …
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Là ch't'à boutt
samedi 4 août 2012
Et puis un jour …
Fallait se faire à l’idée, l’amour, parfois, c’est comme une chemise
Gucci, elle a beau être belle, sexy, osée, on a envie de la porter tout le
temps même si ça ne va pas avec tout , malgré la grande qualité de l’étoffe, ça
peut finir par s’user …
Après une tempête du siècle du cœur , un blizzard soutenu,
une brise du sud s’est retransformée en une autre tempête, bref, ça a tout
raflé cette fois … On a bien essayé mais notre amour, comme une chemise Gucci
usée, s’est retrouvé aux ordures malgré les bons soins et l’effort surhumain de
la patcher et de la renouveler, ça n’a fait qu’étirer le moment triste de s’en
défaire. La Shirley est désormais
célibataire. Pas triste. Pas contente. Juste célibataire.
Le but des prochains exercices consiste à ne pas devenir
cynique et blasée, ne pas retomber dans une ère de guidounage futile et usant,
se rappeler ad nauseam que les histoires de Princes Charmants , c’est des
histoires, pas la réalité, ne pas baisser ses attentes, ne surtout pas les pomper non plus. Apprécier la solitude, s’encabaner
juste ce qu’il faut, sortir un peu et continuer sur la belle lancée de l’Escalade
qui me sied à merveille, c’est que j’ai quelques aptitudes et franchement, ça
me vide la tête ! Et peut-être un jour, apprendre à séduire, se laisser cruiser même si je n'ai AUCUNS talents là-dedans ! Dans le genre handicapée de l'ensorcellement, je suis assez dure à battre ...
Le boulot est reparti, il m’annonce un record Guiness d’absentéisme
sur les médias sociaux et les plates-formes électroniques ainsi qu’auprès de
mes amis et ma famille … On se revois au Mois de Decembre ? Naaaaaan, je vais
tenter bien fort d’écrire combien d’explosion on aura fait, combien de balles
on a tiré, combien d’acteurs et de cascadeurs sont morts dans ma petite journée
au travail et combien d’assiettes notre traiteurs aura servi durant la run d’un
film qui a son premier coup d’éclat à la scene 36 sur 297, ça en dit long sur
la couleur de nos mains durant ce tounage : ROUGES ! Mais comme d’habitude,
je resterai une grande Prêteresse du Secret Divin puisque j’ai signé 1000
papiers jurant que je ne dévoilerais rien et serai fidèle à ma religion. Ne rien dire, ne rien montrer tant que le film n'est pas en salle !
Je n’aurai pas le temps de déprimer, j’ai vidé mon corps de
toute son eau en pleurant 5 mois de suite , je me suis fait mal à analyser tout
en éreintant les oreilles attentives de mes amis et en me trainant le corps au
gym pour changer le mal de mon cœur vers mes muscles, je ne retournerai pas là,
juré promis, craché ! Mais faire du 90 heures semaine c’est pas tellement mieux
pour la santé sauf qu’avec les sous, je pourrais me sauver tout l’hiver vers de
nouvelles aventures , au chaud à faire un peu de neuf avec du vieux ! D’ici là,
un film catastrophe, une équipe costume extra-formidable et une vie pleine parois rocheuses devrait me
rapporter ce à quoi j’aspire le plus : Ma sérénité !
Et puis un jour, pourquoi pas, l’équilibre presque parfait
entre tête, cœur et vie !
samedi 7 juillet 2012
Hasta siempre mi cinema
Periple Sotogrande-Montreal qui se terminait hier sur un
tarmac brulant.
Une fois rafraichie sous une douche plus que méritée, une
petite sieste réparatrice, deux ou trois petites bouchées avalées pour se faire
un fond tapissé anti-saoulerie-express, une paire de talons hauts,un petit kit
noir moulant, des boucles d’oreilles achetées chez Freitag , hop, saut dans un taxi aux banquettes qui
piquent vu la moiteur amalgamée au velours râpé, tout ça jusqu’à l’ancien
repère de celui qui sera dorénavant plus connu pour ses critiques du mouvement
étudiant que pour ses succès en course automobile … La restauration n’étant pas
son dada, l’endroit vendu à je ne sait qui porte quand même son nom en anglais et au final, c’est
formidable pour y accueillir un groupe, le faire manger, le faire boire et
danser ! La terrasse est géniale pour les fumeurs et les autres peuvent être
sur le mini dancefloor interieur et pointer leur index au ciel sans se faire emboucaner
et profiter du seul courant d’air qui a souffler sur l’Île hier soir.
Le Big Boss nous a monté un mini montage de son boulot et du nôtre qui
s’accumulait depuis Avril en tournage, lui y a vu la moitié de ce qui lui reste
à accomplir mais qu’à cela ne tienne, nous ses sbires, ça nous a plu ! Ce qu’on
a vu nous a donné la claque dans le dos bénéfique qui dit « Allez, on a
bien travaillé pour le rendre heureux le Bwossss », qui dit aussi que ce n’est
pas 4 mois down the ditch comme ça peut arriver parfois, le mini-montage qui
fait autant sinon plus plaisir qu’un chèque de paye. Je vous avertirai quand ça
sortira sur nos écrans, je sens que ça ne sera pas gênant à vanter.
Ceux qui ont pris l’habitude de lire ce blog et qui ne
travaillent pas dans le milieu du cinéma savent parfaitement maintenant que ce
n’est jamais chose facile, qu’on fait des horaires de débiles, que beaucoup de
gens sont loin de chez eux et de ceux qu’ils aiment, que le mot dead-line prend
pratiquement des formes littéraire du dit mot, on a souvent l’impression qu’on
va mourir ou manquer d’air tellement tout était du pour hier, mais ils savent
aussi que la promiscuité forcée nous oblige à apprendre à connaitre des gens qu’on
ne côtoierait jamais et apprendre à voir le meilleur d’eux, ils savent que les
cinémateux sont comme des troupes de Cirque, colocs de l’aventure de l’image, conteurs de folie en scopitone,
artisans en cavale et qu’en bout de course il y a des résultats et des amitiés
inattendues, des cœurs brisés, des débuts d’idylles et rapports renforcés par
des liens non-détachables, solides. Ceux qui travaillent dans le milieu du
cinéma et qui lisent ce blog vont me dire : No Shit Sherlock … je sais c’est
une évidence.
Mais j’annoncerai à tous et toutes que ce tournage n’a pas
fait exception ! Après des débuts cahoteux , des moments chaotiques, des fous
rires irrépressibles, des prises de becs corsées, des accolades et des bizous,
même chez les grands et gros garçons, des solidarités féminines et des mouvements
de groupes coalliés dignes des grands moment de Jimmy Hoffa, le tout mariné
dans une saumure à deux ingrédients : l’amour du cinéma et l’envie du
travail bien fait, pour, au final, un résultat qui nous rendra surement fier de ce qu'on a fait.
Et on a fêté tout ça hier soir en dansant et en buvant un
peu trop, en n’oubliant personne dans la distribution d’étreintes finales
(enfin, presque … on peut pas aimer tout le monde … ) et en se souhaitant de se
revoir sur un autre continent, loin du boulot, de préférence sur une terrasse
avec un café ou un drink à se dire « À toi pour toujours mon cinéma »
et prendre des nouvelles des autres.
D’ici là, la vie continuera sous des airs de vacances, de
bains de soleil, d’escalade et de souper entre amis jusqu’à l’arrivée du
nouveau contrat, quelque part en Août …
Blog en vacance à partir de tout de suite !
Bizous !
dimanche 24 juin 2012
Bonne fête !!!
Dans tous les bruits qui nous étourdissent depuis déjà un petit peu trop longtemps, celui de l'échange , même caffouilleur, me semble le seul qui donne un peu d'espoir.
Echanger avec vos amoureux.
Echanger avec votre famille.
Echanger avec vos collègues.
Echanger avec vos amis.
N'importe quoi !
Vos idées, vos avis, vos opinions, vos limites, vos façons de penser et de voir le monde, vos aspirations, vos repas, vos bras et vos épaules en cas de tristesses et vos bons mots contre les tracas.
Le partage et la nuance. Echangez les entre vous !
Cessez donc de larmoyer, de crier et de bitcher à tout vent sans différencier les urgences !
Essayez un 24 heures du Rire et de la Gentillesse obligatoire une fois par semaine !
La Tyrannie de la Bonne Humeur , ne serait-ce que pour se désinfecter du venin ambiant !
Allez les amis, soyez beaux et bons, aujourd'hui c'est Fête !
Sortez vos plus beaux atours et allez danser !
Mille câlins Québecois purs et durs !
La Shirley
Echanger avec vos amoureux.
Echanger avec votre famille.
Echanger avec vos collègues.
Echanger avec vos amis.
N'importe quoi !
Vos idées, vos avis, vos opinions, vos limites, vos façons de penser et de voir le monde, vos aspirations, vos repas, vos bras et vos épaules en cas de tristesses et vos bons mots contre les tracas.
Le partage et la nuance. Echangez les entre vous !
Cessez donc de larmoyer, de crier et de bitcher à tout vent sans différencier les urgences !
Essayez un 24 heures du Rire et de la Gentillesse obligatoire une fois par semaine !
La Tyrannie de la Bonne Humeur , ne serait-ce que pour se désinfecter du venin ambiant !
Allez les amis, soyez beaux et bons, aujourd'hui c'est Fête !
Sortez vos plus beaux atours et allez danser !
Mille câlins Québecois purs et durs !
La Shirley
dimanche 20 mai 2012
Le Cercle Bleu
Miss Destiny m’a mis un voyage de job sur le chemin de la
guérison et je m’y suis agrippé comme si ma vie en dépendait, amenant son lot
d’activités professionnelles foisonnantes qui me tenaient loin des idées
moroses et de la bisbille croissante. Elle a aussi remis l’homme que j’aime
bien en place dans ma vie nouvellement bousculée. Tourbillon, tourbillon !
Autant dire qu’une réflexion sur l’augmentation des frais de scolarité passait
en énième dans mes priorités. J’avais
tellement d’autres drinks à shaker !!!
Puis l’Espagne et son tournage farfelu dans des locations
apocalyptiques avec des inconnus. Mais toujours mes journaux électroniques à
reluquer au passage pour me rendre compte que la pagaille était prise dans mon
chez nous natal … Les statuts Facebook enflammés, les obstinages qui virent en
querelles, les amis virtuels qui se « unfriend », les vidéos d’informations
démagogiques, les cris du cœur, les drama-queen, les carrés rouges, verts,
jaunes, blancs et noirs, des articles à toutes les sauces massivement déployés
et d’autres injustement oubliés. Des connaissances qui ne me paraissaient pas
politisés auparavant devenant des émules diluées de Chantal Hébert, des gens
ultra politisés devenus enragés et sans nuances et d’autres qui menacent de
déménager en Suède !
Ça y’est, il n’en fallait pas plus pour que je me mette à
lire TOUT ce que les journaux avaient à dire, à bouffer du lien internet sur
qui est qui , qui dit quoi, faire analyser certains contenus qui me laissait
pantoise par des spécialistes du sujet choisi (économie, socio, politique toute
couleur confondue) et essayer tant bien que mal de me faire une opinion, la
mienne, pas celle de mon homme, pas celle de ma famille, pas celle des émotifs drapés
dans la vertu, pas celle de ceux et celles qui mélangent tous les sujets, pas
non plus celle de la vieille garde archi conservatrice, la mienne d’opinion. Je
me suis officiellement posée les questions : Hey Shirley ? Tu veux quoi
toi comme Province ? Tu veux quoi comme vie Occidentale avec tout ce que ça
compte de bien et de moins bien ? Tu veux qui comme PM ? Tu veux quoi comme
droit fondamental ? Qu’est-ce que tu veux voir changer, qu’est-ce que tu
souhaites garder de tes acquis ? As-tu un carré d’une couleur précise à porter
?
Et c’est là que j’ai eu une illumination tendance artistique
! J’ai fait des recherches basics sur les formes géométriques et sur les
couleurs. Pas mal pour une introspection personnelle hein ? J’en ai conclu que
je porterai dès ce jour un Cercle Bleu. Puisqu’aucun de ces groupes beuglants
leur colère ne m’a épatée à ce jour, je me lèverai seule, tel David devant un
Goliath multicolore, ne me laissant pas séduire par les mots joliment enlignés des
bien-pensants, je ne me laisserai pas embrigader par les potes de Marine Lepen,
je ne lancerai pas de boule de billard au corps policier et je n’arriverai pas
à me positionner en plein milieu, me faisant l’arbitre de tous ces groupes aux
idéaux bien brumeux et je ne tenterai pas d’arrêter la fougue de mes enfants
qui malgré tout, issue pas issue, auront de belles histoires à raconter à leurs
enfants. Non …
Si il faut me mettre dans une case, m’étiqueter à tout prix,
me forcer à prendre un camp, je devrai inventer mon propre royaume avec son
propre drapeau ! Parce que mon idéal n’est nulle part en ce moment ! Je me sens
seule ! Très seule ! En plus de tout mélanger en politique (municipal,
provincial et fédéral), de ne rien y connaitre, j’avoues que je suis prise dans
mes rigidités d’apprentissage; si c’est pas l’fun, je comprends rien, je n’apprends
pas et je ne retiens le un millième des infos. Comme 80% de la population quoi …
Je suis donc bien mal barrée pour y voir clair.
Par contre, je suis juste assez curieuse et instinctive pour
me rappeler de ce qui est important pour moi et les autres et de m’intéresser à
savoir comment le reste du monde vit. Liberté, égalité, paix, amour, santé et
nourriture ! On dirait presque des vœux de bonne année !
C’est basic en tabourette ! Sauf qu’on a pris ça pour
acquis. La personne qui me représenterait le mieux n’existe pas. Si je devais
la construire moi-même, cette personne aurait la résilience et le courage de
Pauline, la rigueur intellectuelle de Bachand, le front de Legault, le feu de
la passion de Duceppe , la solidité de Parizeau, l’entrepreneurship de Charest
(oui oui) et l’intelligence de la vision de René Lévesque. Elle aurait comme
médecin de famille Amir et comme ministre de l’agriculture Elizabeth, aux
services de la famille la belle Françoise et Mr Tremblay aux relations
publiques, lui capable de nous faire passer pour gentil les pires trou-du-cul
de la Ville de Montréal et pour finir, nos 3 mousquetaires étudiants comme
recteurs d’Université ! Maintenant que mes élans de Docteur Frankenstein sont
aboutis, je dois y mettre un logo, tout bon projet a son logo right ?!?
Le Cercle (définition au milieu de la page )
Bleu (définition complete de la couleur , le reste des couleurs utilisées durant ce conflit sont à lire aussi)
Confirme trop bien ma pensée, mon idéologie de garder mes
acquis, d’aérer le pourri, de s’enrichir chez nous avec tout ce que notre bout
de planète contient de fabuleux, de donner une chance à ceux qui n’en n’ont
pas, de laisser un peu plus de responsabilité à chaque citoyen, de ne pas tout
faire gérer par un état-roi, de changer ce qui ne fonctionne plus, de décrotter
la gangrène ambiante au sein des dirrigeants, accepter que ceux qui travaillent
fort récoltent le fruit de leurs efforts sans passer pour louches, être fiers de ce que nous sommes,
inviter les autres à bras ouverts sans les transformer en fardeau, être
conciliant devant une main tendue mais rester ferme si il y a de l’abus, se
serrer la ceinture un peu, inventer beaucoup !
Comme d’habitude, je n’apporte pas de solution concrètes, je
ne me prends pas pour une économiste, je ne me targue pas de conscientiser la masse
et je ne blâme pas tout le monde non plus. J’en ai juste marre de la gronde, je
n’en peux plus de la démagogie, j’ai soif de vérité et de justice POUR TOUS,
pas juste pour le clan qui gueule le plus fort …
En gros, je veux la paix dans le dialogue et dans la
recherche active changement. Mais tout le monde se chicane et moi la chicane, j’haïs
ça !
Libellés :
Bouillon de culture,
Feeling,
Là ch't'à boutt
mercredi 28 mars 2012
Souvenirs hivernaux
En cette jolie matinée grise enroulée dans un voile de neige
lourde et humide, me remonte un souvenir, des souvenirs blancs et froids mais
si chaleureux que j’ai envie de vous en faire part.
1999, mon Mister fils a 9 ans et vit sa quatrième année
d’école comme un long chemin de croix. La seule chose qui le réjouit c’est les
arts plastiques. Non … deux choses ! Il y a tout ce qui s’appelle activités
parascolaires aussi ! Une en particulier fut mémorable. La confection de
biscuits à vendre dans le but de ramasser des fonds pour une fin de
semaine à Québec qui se déroulerait comme suit : visite du Parlement et
activités hivernales dans une Base de plein air non loin de la Capitale.
La confection de biscuits ? No problemo, Tiku et moi sommes
passés maitres dans l’art de la biscuiterie à la chaine et comme c’est l’hiver,
j’ai plein de temps puisqu’au chômage pour aller aider à la vente des petites
douceurs qui gonfleront les coffres pour l’aventure en vue. Allez hop, trop
facile , on s’y met ! Ce que nous fîmes avec succès, en plus de vendre la
totalité de notre butin à fort prix dans le but d’aider un peu ceux et celles
dont les parents ne participaient pas et qui se mourraient d’aller faire la
visite-activité-congé de parents eux aussi ! Un beau pot-luck communiste !
Une fois les cookies cuisinés, vendus et mangés, les
bénéfices entassés dans un compte de banque, fallait bien y arriver, le jour J
se pointait plutôt vite. Par un bel après-midi, tous les parents ont reçu une
note de la charmante Julie, prof de 4ème année, qui demandait si
certains d’entre nous seraient willing de faire du bénévolat durant l’escapade
de 2 jours. Moi, Shirley Première du Québec, complètement ravie, cria à qui
voulait bien l’entendre que j’irais avec plaisir, signa le dit papier et
faisait une ronde gaillarde dans la cuisine avec mon Tiku qui ne savait pas
exactement si il était content ou pas … Sa mère n’est pas tellement comme les
autres, aillait-t-elle lui faire honte ?
Pouvais-t-on lire dans ses yeux pleins d’incertitude.
La nouvelle est tombée comme un couperet aiguisé sur
l’enthousiasme de la belle Julie : J’étais le seul parent à avoir répondu
par l’affirmative ! Deux classes de 35 Tikus chaque, 2 profs à la tête d’un troupeau
de gnous affolés et surexcités lâchés lousses dans les rues pavées du vieux Québec,
dans la cafétéria du camp de vacances et dans la plaine enneigée de celui-ci !
Elle était complètement traumatisée !!! Que va-t-il advenir de nous, pauvres
professeurs sans défense et sans autorité devant ces clowns en liberté ? C’est
ben cute qu’il y ait des moniteurs pour les activités mais rendus au soir, les
ablutions de 70 morveux en vacance, la coordinations des chambres, des dodos,
la remise à l’ordre de ceux et celles qui vont jaser toute la nuit déranger les
plus calmes, ceux qui freake parce que c’est leur première sortie, les
somnambules, les chicanes, l’autre qui fait de l’énurésie nocturne, celui qui a
oublié son ritalin et qui saute partout,
ma foi, on s’en sortira pas !!! C’était mal connaitre l’Arché-Clown en Chef que
j’ai surement été dans une vie antérieure, ça ou Colonel Américain de la Première Guerre Mondiale,
faudrait voir avec une tireuse de cartes … À trois, on devrait y arriver ! ON
VA Y ARRIVER !
Tout a commencé le matin du départ, je dis tout parce que l’hyper
actif TDA avec agressivité avait oublié son rithalin, le suspens était à son
paroxysme à 7 heure am, une fois partis avec un lot de bagage comme si on s’en
allait escalader le mont Everest pour 6 mois, le groupe duquel je faisais
partie avait déjà commencer à se sur-crinquer et c’est là que mon butin de
chansons idiotes a fait la job mais il y a une fin à tout et on allait pas
recommencer à chanter Trois p’tits chats 25 fois en ligne, les tannants se sont
tanné d’être sage et quand j’en ai chicanné un, il a vite dit à son pote à
côté, en Créole, « Map chiré elle man ! » C’était ne pas me connaitre
que de parler dans la langue de Wyclef en pensant que je n’y pigeait rien ! Je
lui ai répondu :-« Se mwen menm ki pral chire ou apa
si ou kenbe t'ap rele byen fò
!!!! » La nouvelle a fait le tour
du bus en 4 nano-secondes : La Maman d’Émile elle parle créole yo !!! Bref
… le statuquo était en place, on ne déconnait pas avec la Shirley !
En gros, j’ai fait le chien de troupeau,
accompagné à l'hopital un ti-énervé qui s’est planté la face dans un poteau en courant dans
la rue, fait taire les indisciplinés dans le Parlement, mouché des nezs,
accompagnés aux toilettes, commandé des lunchs, fait des jokes niaiseuses,
repousser les troupes dans le bus pour s’en aller au camp de vacance, aidé à
enfiler des raquettes aux petites Vietnamiennes, mis des skis, prêté mes
mitaines à ceux qui n’en avait pas, pris des photos, distribué des jus, des
petits pains chauds, ris allègrement des vantards, aider les « rejects »
, flatter le dos des deux profs complètement dépassées, coordonnées les
toilettes des filles, fait des nattes, démêlé des cheveux en fin de bataille
avec des tuques, calmé les inquiets, rabroué les insupportables, dormi dans un
lit trop petit pour moi, ramené les somnambules dans leurs lits, jappé des
ordres militaires au petit matin venu, aidé au ré-empaquetage des valises,
hurler de rire avec les moniteurs et donner un coup de pouce au chauffeur d’autobus
qui n’en revenait pas du montant de baluchons.
Retour au bercail après une ride qui
ressemblait plus à une fin de tournée de Rock Star, un nombre incalculable de
petites bêtes endormies la bouche ouverte, qui oublient l’espace d’un instant d’être cool parce que la nuit fut trop agitée, un
débarquement en ville auprès d’une cohorte de parents inquiets mais qui malgré
tout, en ont profité aussi, un dispatch final des pack-sac et enfin , un retour
à la réalité bien mérité. J’ai fait de grandes accolades aux deux maitresses d’école
qui n’ont fait que me remercier en essayant d’inventer des nouveaux
quantitatifs à mettre à côté du mot MERCI. J’en ai profité pour récupérer le
mien de rejeton qui me regardait d’un air contrit puisqu’on ne s’était presque
pas vu, lui étant avec l’autre groupe, c’était surement mieux comme ça … On a
quand même fait le tour de nos anecdotes une fois attablés devant un bon souper
chez nous. Les parents du petit défiguré m’ont téléphoné pour me bénir d’avoir
pris soins de leur morveux et m’ont envoyé une bouteille de vin, y’a encore du
monde qui savent vivre que je me suis dit !
Une semaine plus tard, je reçois un téléphone
de la prof Julie qui me demande de passer en classe dès que je le peux. Le jour
même j’avais un trou dans mon agenda de chômeuse et je me suis pointée là sans
savoir ce qui m’attendait. Les élèves des deux classes avaient fait une carte
géante avec pleins de petits mots et de bricolages charmants pour me remercier
d’avoir été là avec et pour eux. J’ai braillé comme une Madeleine, l’ai serrée
contre mon cœur, je les ai tous bizoutés et depuis ce jour, à chaque grand
ménage où je jette mes souvenirs de papiers dans la récup, la carte risque de
prendre le bord. Un peu avant le premier Mars, jour de déménagement dans ce
qu’on appelle dorénavant la Maison Blanche (une tite fille de 4 ans qui me l’a
sortie celle-là), j’ai mis la carte dans mon grand bac vert. Ça suffisait le ramassis
de cossins inutiles ! Le 1er Mars de l’An de grâce 2012 à 6.30 hr
am, je me suis garochée dans la rue et j’ai repris mon bien ! IN-CA-PA-BLE de
laisser cette montagne d’amour-là dans les rebus !
Elle dort doucement dans une de mes milliers
de boîtes de rangement en me ramenant toujours à la loi # 1 de la vie : Un
cœur d’enfant c’est gros comme ça et c’est de ça que mes souvenirs hivernaux
sont parfumés !
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jeudi 8 mars 2012
Quand tout se place
La lumière est douce et soutenue, vue imprenable sur un poteau d’hydro et toutes ses jonctions, une petite plaque noire savamment placée pour ne pas me faire de la lumière toute la nuit, les corridors qui sentent fort le Lestoil, une madame de Gestion qui veut bien répondre à toutes mes questions de nouvelle propriétaire de condo, des planchers doux comme des fesses de bébé. Il fait bon dans mon nouveau palace tout de blanc vêtu …
Le sort semblait pourtant vouloir s’acharner un brin en me rajoutant des obstacles en forme d’intrusion médicale, en tempête de neige le jour J du déménagement, en rencontre forcée avec mes nouveaux voisins du dessous qui se sont retrouvés avec un dégât d’eau causé par la vibration des zambonis sableuses utilisées pour les fesses de bébé mentionné plus haut, en clé spéciale qui reste « djammée » dans la serrure du lobby et en ascenseur bloqué, bref, en moins d’une semaine j’ai fait connaissance avec la moitié du bloc et le concierge et le monsieur ascenseur Otis et la madame folle alcoolique du troisième ! Mais non, je n’ai pas craqué, oh j’ai bien envoyé un petit texto de détresse par un beau 2 Mars mais sans plus. Je me suis plaint sur Facebook à tous mes merveilleux amis réels et virtuels qui m’ont été d’un secours abyssal mais bon … pas de crise de nerfs de fille à boutte. Même avec un coeur en charpie.
Entre le début d’une certaine fin et le recommencement de quelque chose de neuf, il y a eu des adieux, des au revoir et pleins de rebondissements tous plus inattendus les uns que les autres. Y’a pas juste les meubles qui se placent. La vie aussi. Qui prend des tournures belles et réconfortantes, qui se pare de ses plus beaux atours et qui sent le renouveau ! Je suis une des rares blogueuse qui peut se vanter d’avoir tout ce qu’elle souhaite, d’être entourée comme pas une, d’avoir des vœux exaucés, que mes prières sont entendues (au nombre de Dieux que j’implore, ça aurait été weird que pas un seul ne m’entende) et qu’au volet besoin de base, tout est complet ! Je n’aurais pas cru ça il y a quelques semaines honnêtement !
J’avais mis le blâme de mes grandes peines sur le froid, la grisaille, j’avais surement raison puisque tout s’adoucie en même temps que la température, avec le soleil qui inonde mes murs blanc pur, en allégeant les couches de vêtements et en laissant le vent tiède se battre avec mes cheveux longs. Le printemps arrive messieurs dames ! Promis !
Le bonheur aussi !
Le sort semblait pourtant vouloir s’acharner un brin en me rajoutant des obstacles en forme d’intrusion médicale, en tempête de neige le jour J du déménagement, en rencontre forcée avec mes nouveaux voisins du dessous qui se sont retrouvés avec un dégât d’eau causé par la vibration des zambonis sableuses utilisées pour les fesses de bébé mentionné plus haut, en clé spéciale qui reste « djammée » dans la serrure du lobby et en ascenseur bloqué, bref, en moins d’une semaine j’ai fait connaissance avec la moitié du bloc et le concierge et le monsieur ascenseur Otis et la madame folle alcoolique du troisième ! Mais non, je n’ai pas craqué, oh j’ai bien envoyé un petit texto de détresse par un beau 2 Mars mais sans plus. Je me suis plaint sur Facebook à tous mes merveilleux amis réels et virtuels qui m’ont été d’un secours abyssal mais bon … pas de crise de nerfs de fille à boutte. Même avec un coeur en charpie.
Entre le début d’une certaine fin et le recommencement de quelque chose de neuf, il y a eu des adieux, des au revoir et pleins de rebondissements tous plus inattendus les uns que les autres. Y’a pas juste les meubles qui se placent. La vie aussi. Qui prend des tournures belles et réconfortantes, qui se pare de ses plus beaux atours et qui sent le renouveau ! Je suis une des rares blogueuse qui peut se vanter d’avoir tout ce qu’elle souhaite, d’être entourée comme pas une, d’avoir des vœux exaucés, que mes prières sont entendues (au nombre de Dieux que j’implore, ça aurait été weird que pas un seul ne m’entende) et qu’au volet besoin de base, tout est complet ! Je n’aurais pas cru ça il y a quelques semaines honnêtement !
J’avais mis le blâme de mes grandes peines sur le froid, la grisaille, j’avais surement raison puisque tout s’adoucie en même temps que la température, avec le soleil qui inonde mes murs blanc pur, en allégeant les couches de vêtements et en laissant le vent tiède se battre avec mes cheveux longs. Le printemps arrive messieurs dames ! Promis !
Le bonheur aussi !
mardi 21 février 2012
Quand une chanson ...
Quand une chanson et ses paroles vous touchent l'âme, arrive exactement au temps où elle devrait, qu'elle vous lave le cerveau, vous récure les oreilles et vous entoure votre coeur et ben vous l'écoutez en boucle jusqu'à ce que les voisins n'en puisse plus et vous implore d'arrêter ce tintamare harrassant. Et puis, vous l'écoutez encore et encore parce qu'avant tout, elle vous fait du bien !
dimanche 19 février 2012
Du verbe à l’infini
Que veux-je, que peux-je, où cours-je, dans quel état j’ère
?
Dès ce Lundi 20 Février, l’état dans lequel j’ère depuis
quelque peu se transformera en typhon doublé d’une tempête pas tropicale du
tout mais à tout le moins saccageuse ! Verbe de l’errance, fini !
J’ai des « dates » avec des notaires, je prends
possession des clés de mon nouveau nid, je me garoche chez les assureurs, je
discutaille avec des gens de service à la clientèle (trouvez le zéro et vous
parlerez avec des humains, c’est formidable !), j’envoies tant de E-mails et je
fais tant de scans et de photocopies que je me dis qu’une réorientation en
secrétariat ne serait pas mal après tout, j’ai quelques aptitudes … Orchestrer
une vente de duplex, l’ achat d’un condo,l’empaquetage, le tri, les dons, le
camping de dernière minute, un déménagement et un contrat à l’étranger et tout
ce que ça compte de « packing » et de « listing » sans
oublier des peintres et un menuisier toute seule tout le temps, et ben ça occupe
sa femme en masse ! Verbe en spring pour les trois prochaines semaines …
À mon retour de ce cadeau du ciel qui me fera débarquer avec
une bande de joyeux lurons dans la jolie ville de Malaga, le contrat se
continuera jusqu’à la fin Juin et je compte bien en tirer quelques histoires
aussi croustillantes et délicieuses que des Tapas parce que pour l’instant, ce
blog a des airs de frigo vide qui me désole moi-même. Il est clair que ce
carnet en est un d’histoires de job en cinéma et de vie en général mais comme je
n’ai pas travaillé depuis Octobre (c’est le fun la vie d’artiste hein ?!?), que
je n’ai fait que me tenir la tête hors de la mer de larmes qui m’a engloutie
dans les derniers mois et que j’avais déjà juré ne jamais m’épancher sur ma vie
privée, pondre des textes, juste de même, honnêtement, je n’ai pas ce talent là
! Du verbe Verbiller je tâcherai de faire bon usage dans les prochaines
semaines !
Entre-temps, s’activer le corps pour donner un break à l’esprit
et à l’âme m’a semblé une solution miracle et j’avais raison là-dessus ! Gym
pour courir, Aekuus pour découvrir et escalade pour gravir en groupe se sont
greffé à mon agenda pour le plus bel effet sur mon petit corps encore un peu
sous le choc de tant de peine à gérer. Le sport sauve des vies, c’est tout ce
que j’ai à dire ! Et au risque de sonner redondante, j’ai la face un peu
frippée, le cœur qui se patche de ses trous doucement mais un derrière, des
bras et des cuisses de béton armé ! Surtout quand je vais m’entrainer fièrement
affublée de mon t-shirt « COUGAR IN
TRAINING », cadeau de Noël de moi à moi ! Je suis loin des prouesses de
Nadia Comanecci mais au moins on rigole ! Je vous raconte même pas la leçon d’humilité
de faire des sauts de grenouille avec une gang dans la vingtaine. C’est
officiel ; le ridicule ne tue pas ! Le verbe se remuer est Roi dans cette
catégorie.
Il y a toujours les amis, les enfants des autres, les lunchs
de filles, les soirées de danse à saveur Vaudoo qui libère mieux mes « chakras »
que n’importe quelle séance de yoga, les siestes réparatrices, quelques
tendresses volées au passé pas si lointain , sans attentes, sans espoirs, juste
ramasser tout ce qu’on peut prendre de bon et doux, un peu trop de cigarettes,
des spontanéités valables seulement parce que j’ai encore un peu de temps
devant moi, des moments Mère-Mister Fiss tous plus attendrissants les uns que
les autres, des surprises, ma foi, surprenantes et beaucoup beaucoup d’oreilles
attentives et de caresses au dos.
Du verbe aimer, je ne l’utiliserai qu’ à l’infini
…
samedi 14 janvier 2012
Des bras et des mots
2012.
Fini 2011. Enfin …
Temps des fêtes morne quoique plein de bras et de mots. Ceux
de mes proches, si compatissants face à ma tristesse, ceux d’inconnus comme ce
garçon dont j’aurais pu être la mère qui n’en voulait qu’à mon petit body qui n’indique
pas le bon âge, dans un bar où j’aime danser, à qui j’ai expliqué que c’était
charmant de sa part de m’engloutir de jolis compliments mais que mon cœur saignait
suite à la perte de l’homme de ma vie. Il a dit qu’il croyait que cet homme était
surement victime d’un mauvais sort pour laisser une femme pareille ! Je l’ai
pris dans mes bras, lui m’a prise dans les siens et j’ai pleuré … Si fort. Il n’en
croyait pas ses yeux mais m’a tout de même tendu une napkin de drink et m’a
fait deux bizous sur mes joues noyées.
Il y a eu les bras et le giron de Fatoucha, la gentille dame voilée qui
nettoie le gym comme si sa vie en dépendait, qui m’a accueillie comme si j’avais
8 mois. Entre deux étirements sur un tapis de yoga, un tsunami de larmes m’a
frappé le rivage de l’âme sans avertissement . J’ai caché mes yeux rougis et
mon nez comme l’érable au printemps mais les soubresauts de mon dos et de mes
épaules n’ont pas échappés à cette Sainte du Windex et de la bonté. Doucement
elle s’est approchée et s’est accroupie devant moi et m’a demandé si j’allais.
Et ben dis donc … j’ai pas dis oui, comme d’habitude. Je lui ai dit que mon cœur
était en miette. Elle m’a prise et m’a serré, m’a bercée un gros dix minute
sans rien dire, m’a flatté la tête comme si j’étais sa fille ou sa sœur. Puis
calmée, elle m’a tendue un scott towel en s’excusant que c’est tout ce qu’elle
avait. En sortant de là, je lui ai fait envoyer des fleurs.
Il ya eu les mots d’amis virtuels, sans filtres, sans peurs
de me blesser, laissés ça et là sur des messageries de Facebook qui m’ont fait
plus de bien que les milliers de pensées prémâchées en manger mou que tous ceux
et celles qui ne veulent surtout pas entendre qu’on va mal, vous servent à
grandes louchées quand vous n’avez rien demandé ! Tout ça part souvent d’une bonne intention
mais la spiritualité à la noix dont le peuple en crise se gave pour palier à un
bobo qui chauffe là maintenant tout de suite, me fait rudement penser à ceux
qui se garochent chez Weight Watcher pour perdre 50 livres mais qui se pitchent
chez McDo une fois le poids perdu. Bullshit. Rien n’est changé ! Même si tu me
dis que « tu t’en sortiras grandie ». Fuck Off !
Y’a rien que le maudit temps à marde qui fait le mieux son œuvre.
Ouais … Il prend son temps, le temps !
Puis ,les bras des
petits enfants que j’ai gardé, leurs bizous gratuits, leurs mots inattendus et
drôles qui m’ont remis mes sourires dans la face. Les belles missives d’une
Belle-Famille qui s’ennuie et qui est déçue du tournant de la vie. Les textos
et envoies de photos d’amies folles qui
ont décidé que je rirais que ça me plaise ou non. Les bras de Mister Fiss,
grands et forts qui n’aime pas trop voir sa mère en motton. Généreux ! Puissant
antidépresseur !
Suite à tous ces mots, ces bras, est venu le temps de
bouger, de voir plus de potes qu’il ne le faut, commencer à empaqueter , trier,
donner, jeter et recycler les choses du quotidien pour arriver dans le nouveau
nid tout blanc, tout vaste, la tête et le cœur presque vide. Faire de la place
pour l’avenir qui change tous les jours, déjà. Laisser de la place aux
surprises, aux inattendus, aux joyeuses stupéfactions et aux annonces
réjouissantes comme celle d’un contrat de film en Espagne ou un cours d’exercice
et d’entrainement qui me donne enfin le goût d’aller souffrir en groupe. La
face frippée, le cœur patché plein de trous mais un body de la MORT ! Et
entre-temps, oh stupéfaction, j’ai cessé de pleuré … La peau de mon nez trop
mouché s’est régénérée, j’ai abandonné mes deux cuillères au congélo et je n’ai
plus besoin de 10 cm d’épais de make-up juste pour aller au dépanneur …
Mon ancien homme me manque même s’il n’est pas avare de
nouvelles et qu’il donne signe de vie. J’ai quand même eu l’illumination que l’attente
serait ma pire ennemie et que les faux espoirs font le même dommage que les
venins de serpents trop colorés. Aller de l’avant sans attendre quoique ce
soit. Profiter du moment. Ne jamais se sentir coupable de ne rien faire .
Dormir lette, la bouche ouverte. Faire des biscuits et nourrir sa gentille
voisine. Recesser de fumer et sauter à la corde à danser dans son salon en
écoutant des mix fait par des DJ fous de Montréal, se faire couper les cheveux
par une adorable coiffeuse qui fait les meilleurs massages de tête, me faire
masser par une Dominique à qui le temps des fêtes n’a pas ammoché l’énergie de
ses bras, justement, jaser centre de
yoga avec mon agent d’immeuble et écouter pour les dernières fois , les propos
de mes voisins Italiens racistes mais gentils, tout contents de savoir que c’est
des Québecois qui ont acheté ma maison … j’vous jure ceux-là, Arabophobes qui
me donnent des pots de confitures et me déneigent mon char … C’est un peu tout
ça, mon nouveau bonheur timide.
J’y arriverai, avec tous ces mots, ces bras autours de moi,
pour moi … Il y en tant, comme si je venais de naitre ou d’arriver d’un pays en
guerre. Je n’ai pas habitué mon monde aux pleurs et aux découragements mais ils
savent que c’est pas pour longtemps, j’ai des aptitudes au bonheur et le destin
me pousse vers d’autres rivages tous plus intéressants les uns que les autres.
Faut juste saisir les occasions, apprécier ce qu’on a déjà, remercier sans fin
celui ou celle qui run le show de tout ce qui nous est offert et laisser les
mots et les bras nous faire du bien quand ils se présentent, gratuitement,
comme des bénévoles du bien-être.
Merci …
J'en profite pour vous souhaiter une année de santé, de légèreté et de découvertes formidables et vous rapelle la grandeur de mon amour ! En tout temps !
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