dimanche 11 avril 2010

Diable de Tazmanie et autres bourasques type mur du son

Première semaine de tournage achevée.
Imaginez une image arrêtée sur un visage de femme entouré de longs cheveux flottants dans les airs et tous dans la même direction , des yeux fermés par un réflexe de protection, la bouche en rictus dans le même sens que les cheveux et un élan de vitesse de la lumière dans la peau des joues et vous avez une impression de ce que je ressens ce matin.
Un p’tit tour en Glamorous Glennis de cinq jours !

Rien ne semble simple sur ce projet, pourtant si on prend un paquet de gens d’ici qui ont travaillé maintes fois ensemble, toujours avec des gens venus d’ailleurs avec leurs bagages d’expérience respectifs, leurs spécialités et leur bonne volonté, avec un patron qui me semble être un croisement raffiné du Diable de Tazmanie et d’une Star de Bollywood à l’imaginaire digne de tous les Windsor McCay et Lewis Caroll de ce monde et affublé d’un humour de Monty Python pour couronner le tout, je crois sincèrement que c’est le genre de projet qui nous laisse ce choix-ci :
Ou c’est le nirvanah ou c’est la cata !

J’opte évidement pour la première option mais pour l’instant, j’ai comme la vague impression que cette première semaine de tournage m’est passée dessus comme un troupeau de mammouth sentant le feu de la Savane au loin.

Le Monsieur Maitre Lumière venu de la Californie ensoleillée nous a admis que ce genre de chaos joyeux et/ou confus ne tiendrait pas la route dans son bout de pays et que les journées ne se feraient pas, que seul une grande flexibilité et une grande tolérance à l’ambigüité de la part des artisans-techniciens pourra faire en sorte qu’on se sortent tous indemnes de ce tour de manège dans lequel on vient de s’embarquer pour trois beaux mois et que ça l’impressionne beaucoup.
Lui on l’aime ! C’est un gentil ! Il trouve toutes les blagues de son équipe très drôles, il est content d’être là et il fait un sacré boulot en plus de rendre les gens et les décors beaux !

Ceci dit, ce qui fait la différence de tourner dans un bout de planète où les gens ont une culture cinématographique autant technique que productive et créative, c’est que les gens qui se retrouvent en bon deuxième avec des boss venus d’ailleurs sont aussi des boss sur les productions Québécoises et que ce sont en plus des gens habitués aux vaches maigres et aux débrouillardises pingres mais lumineuses d’inventivité, une autre merveilleuse raison de ne pas trop couper dans les $$$ pour les productions d’ici.

Je continue de vanter les productions venues d’ailleurs avec leurs budgets faramineux (voir parfois gênants) pour les défis qu’ils nous ont fait relever. C’est pas avec les Filles de Caleb que j’aurais appris à « riguer » des trous de balles de fusils ou à trancher la tête d’une actrice ou à faire mourir un explorateur gelé et mauve ou à envoyer au ciel un Spartiate victime d’un monstre ultra-violent. Je n’aurais pas tourné à Pragues, à Bangkok ni au Maroc et encore moins en Chine. Je n’aurais pas eu à devenir un monstre d’organisation et de multi-tasking et je ne manipulerais que des jeans et des t-shirts, jamais de casques de guerre ou protège-tibia en faux métal décorés de pierreries plastiques venu de fournisseurs obscurs que seuls les pitounes du costume connaissent.

Bref, en coup de vents et bourrasques, claques sua yeules suivies de bizous, courses effrénées doublés de fous-rires gras, installer l’intimité AVANT la complicité (Bonjour, mon nom est Shirley, veuillez me laisser vous replacer la bizoune dans votre perizoma pour cette prochaine prise de la caméra, il semblerait qu’elle n’est pas au même endroit que tout à l’heure et ça pose un problème de continuité…) et surtout, se rappeler que derrière le Diable de Tazmanie se cache un colosse de talent brut et qu’au fond, ce qui compte, c’est qu’on en sorte vivants et fiers, pas trop matraqués, l’égo pas trop scratché vu qu’on l’a laissé à la maison et d’ouvrir grand les yeux devant le produit fini l’an prochain …

D’ici là, le tourbillon, la cohue, la pagaille et les chambardements règnent en Rois et Maitres sur nos longues journées qui se finissent toutes par un one-man standing-ovation de la part de celui qui crée toutes ces confusions colorées. Il est heureux.

Tant mieux …

6 commentaires:

Hispong Elbayne a dit…

«veuillez me laisser vous replacer la bizoune dans votre perizoma pour cette prochaine prise de la caméra, il semblerait qu’elle n’est pas au même endroit que tout à l’heure et ça pose un problème de continuité…»

Pas drôle tourner en HD, hein? Ça captive tous les détails haha!

La Shirley a dit…

Hè ! Tout n'est que détails !

Genevieve a dit…

Ah, Catoo, j'aime ça te lire!

Gaudie a dit…

Hé oui! tout les films ailleurs dans le monde semblent plus beaux, plus l'fun, plus payant qu'un pauvre petit film québecois...mais un de ces quatres il y aura un producteur/trice qui verra grand et qui décidera de trouver les sous pour faire en sorte que les créateurs de chez-nous aient les moyens de s'exprimer. Imagine Les filles de Caleb(ou encore ce qu'on subit en ce moment comme série lourde) avec du temps,50 millions de budget, et du respect...ce serait une autre histoire, serait-elle meilleur? Il n'empêche, l'herbe est toujour plus verte dans la cour du voisin.

La Shirley a dit…

@Gaudie : pas plus beau et plus l'fun non ! Différent dans sa stature et son entreprise.Mes plus beaux tournages sont Québécois ! Promis !Faire du patin au parc Lafontaine ou aux Olympiques ça reste encore et toujours du patin !

Gaudie a dit…

Tu as raison Jim!