mercredi 26 octobre 2011

Les super héros n'aiment pas l'hiver ?



Le froid s’installe dans les productions cinématographiques.

Pas un mais bien deux films ont « tiré la plogue » comme on dit si bien chez nous dans le singulier monde du cinérama ! Ça engageait pas mal de monde compétents qui se retrouvent le bec à l’eau et surtout avec un manque à gagner puisque certains n’ont carrément pas été payés pour les deux dernières semaines dument travaillées !

 Pire ! Certaines personnes ont la mauvaise manie « de défrayer » du cash pour faire avancer le processus de production de costumes et pour avoir du stock sous la main durant les essayages et de se redonner leur dû lors du remboursement de petite caisse par la comptabilité. C’est pas une bonne idée. En fait c’est la pire idée qui soit ! Imaginez- vous donc que mes confrères et consoeurs devront aller se faire remettre leurs kopeks en rapportant les vêtements et accessoires achetés et ce, sans être sur un payroll, donc à leur frais ! Et dans le lot, y'a surement un paquet d'items non remboursables !

C’est révoltant ! Le syndicat a les manches relevées et s’occupe tant comme autant à ce que tout le monde ne soit pas en reste mais tout de même ! 2 productions back à back ! Je m’imagine que Monsieur « Pas-du-tout » Trudel doit se ronger les ongles … ou pas … Y’en a un autre de gros de tournage qui s’en vient et les studios de son mégaplex sont loués jusqu’à la moitié de 2012 de façon assurée. Reste que , les payes des techniciens sont dans le néant, les remboursements de frais de téléphonie dans la bouette, les cessations d’emploi ne se déploient pas et tout le monde se retrouverais , même avec le dit papier dans les mains demain matin, sans entrées d’argent pour minimum 5 semaines … Je ne veux même pas y penser …

Donc, Monsieur Diesel et sa productrice de sœur n’ont pas l’argent qu’ils pensaient avoir.
C’est fort ! C’est grand ! C’est musclé !

Ou bien ils on eut peur de la météo à venir ? Ils ont quand même engagé des gens bien, acheté des décors de l’autre film d’avant, fait préparer le terrain pour la location de roulottes, de voitures, de locaux pour les gens de tous les départements, ont fait faire des devis auxquels ils ont dit OUI, JE LE VEUX, ont fait des castings, bref , tout y était pour un beau et franc succès ! Que s’est-il passé ?

Personne ne le sait encore, ça finira par se savoir, c’est un petit monde.

En attendant, je veux pas entendre une seule personne me dire que le cinéma c’est glamour.
Rien n'est plus insécure que ce tourbillon de poudre aux yeux et de promesses, parfois, en l'air !

Vin il est passé dans le camp des vilains, ce n’est plus un super héros.
Pas à Montréal en tout cas …

MAJ : Le super héros a fait un come back surprenant !!! Il est allé cherché les sous manquants et il est revenu à la case départ pour enfin faire son film !!! Retour dans le camps des bons avec une leçon d'humilité et de loyauté ici !!! Bravo !!!

mardi 18 octobre 2011

Entre les branches …



Un abcès de crevé c’est jamais joli. C’est laid. Ça chlingue. Tout le monde le ressent, dévie le regard, compatie mais n’aurait pas le courage de péter le dit furoncle …

Et ben y’en a qui ont ce courage-là. Le courage comme des Mairesse dépassées ou comme des Duchesneau de ce monde. Péter des abcès purulents !

Après l’émission de Radio-Canada « Enquête » de la semaine dernière portant sur le quasi-monopole de Mr Trudel et de son pote Mel sur l’équipement cinématographique et les studios de tournages Mel’s Cine Cita, les pages Facebook de mes amis et collègues n’ont pas dérougies ! On donnait dans la cinquantaine de commentaires partout ! Et des félicitations à ceux et celles qui ont OSÉ dire tout haut ce que la majorité sait et commente tout bas, et des encouragements à continuer de dénoncer les comportements ignobles et les entourloupes de toutes sortes, bref, on se serait cru dans les couloirs de la cours municipale après un procès gagné !

Mais il n’en est rien. Parce qu’au de-là des injustices et de la rancœur, au de-là des hauts hurlements et des poings brandis dans les airs versus les silences troubles, il y a les faits qui sont là et qui, à ce qui parait, n’insultent pas assez de monde pour qu’ils se fâchent et que ça donne quelques changements concrets dans la réalité du fantastique monde du tournage de film au Québec. « Savez moi les artisssssssss … » Les artissssss c’est plus que des faces dans une télé savez ! C'est 3000 techniciens et on ne sait plus combien d'acteurs, d'humoristes, de chanteurs, d'acrobates, de cascadeurs,de danseurs, d'auteurs, d'écrivains, de musiciens, de circaciens, etc etc ...

Alors on continuera de blâmer les artisans sur cette situation trouble parce que c’est leur face qu’on voit, donc on a l’impression de les connaître. On continuera de mêler Patrick Huard avec les tatas d’Occupation Double et les grands acteurs, de s’imaginer que le Téyâtre ça sert à rien, que les auteurs … attends c’est quoi ça un auteur … hum … en tout cas eux là, c’est des clowns over-paid et on continuera de parler de cinéma en mixant plateau Québécois et Américain et tutti quanti. En un mot, les faits sont réels mais les rumeurs entre les branches sont biens vaseuses. Juste assez pour désinformer le bon peuple à qui on prend des sous pour faire des films .

Hier, pendant que le monsieur répondait, pas content de ce qu’il avait entendu à Enquête, par le truchement d’un Journal qui lui a toujours fait bonne presse (J de M, Pierre-Karl, Julie, Star-Academie tourné chez Mel’s … Juste de l’amour ici !), y’a une madame productrice dont il parlait justement dans l’article, qui passait à la messe du Dimanche TLMEP mais qui n'est pas venue à sa rescousse comme il l'aurait souhaité.  Elle expliquait le métier de producteur-trice en cinéma. J’étais debout sur mon Zamouri, su’l sofa, surchauffée et sur-à-boutte d’entendre ses infamies ! Si elle n'avait pas parlé de son projet de redécorer l’urgence de Sainte-Justine (mais elle prend son fric où la bénévole du cinéma québécois ) je sens que j’aurais été mesquine aussi comme tous ceux et celles qui se sont tordus de rire virtuellement sur le vaste playground Facebouquien et Twiteresque.

À l’écouter, les producteurs d’ici travaillent carrément gratis. Il est vrai que des films qui rapportent à leur producteurs ici il y en a eu 2 ou 3 je crois, Séraphin, Bon Cop Bad Cop et Tel père tel flic. Mais de là à faire croire que le métier de producteur (en fait faudrait appeler ça gestionnaire parce que ces gens- là n’investissent JAMAIS de leur propre argent, donc ne PRODUISENT rien) n’est pas rentable, c’est d’omettre qu'ils s'octroient un salaire assez dodu, y'a la jolie danse des petites enveloppes avec laquelle le Québec est si familier maintenant,  celle des factures boursouflées de « fourniture de bureau », des voitures de l’année pour les « déplacements », des voyages « d’affaire », bref, des dépenses qui ressemblent à des besoins ultimes pour la production mais qui n’en sont pas toujours. Mettons que c'est relatif ...

C’est omettre aussi la rumeur (qui perdure depuis 20 ans au moins) qui dit que si un film a eu un financement de 8 millions, il n’y en aura que 4 à l’écran et tout ce que ça importe. Faut que ça se paye la piscine creusée du chalet à Magog pis le collège privé des enfants ! C’est cette dernière qui aurait dit lors d’une réunion pour un conflit à régler entre syndicats, producteurs et FTQ, et je cite :-« Bon, on va faire ça vite là c’te réunion là, moi j’ai des chevaux à aller nourrir .» Et le syndicaliste de lui répondre :-« On va prendre le temps que ça prend Madame, nous c’est techniciens qu’on a à nourrir. » Ça donnait le ton … Mais c’est encore du téléphone Arabe.

Selon moi, être « producteur » ici, c’est prendre les sous du peuple par la SODEC et Téléfilm Canada et élaborer un plan de match pour monter une équipe solide et professionnelle , trouver des locations voulues, y planter des décors, qui seront éclairés et dans lesquels des acteurs maquillés-coiffés-habillés évolueront devant une caméra qui suivra leur mouvements dans des scènes qui seront montées pour nous raconter une histoire, en gros. Tout le monde employé aura un salaire décent, travaillera dans un contexte respectueux et si possible agréable. Je ne vois pas ce que l’achat d’une causeuse et d’un pouf Mariette Clermont à 12 000$ vient faire là- dedans. Ni des Jeans True Religion à 958.00$ en vente d’ailleurs … Et pourtant, ça passe dans les budgets comme papa-dans-maman … Merci bon peuple endormi qui pense que les artisssss mangent juste des sushis et ne s’abreuvent que d’Opus One. C’est pas les artisssss qui roulent en BM et qui causent Îles Fidji et voilier, ça donne plutôt dans le Communauto mais bon … paraitrait que ça aussi c’est juste des ouïe dires !

Pendant qu’ y’a de la collusion dans toutes les sphères de notre société qui dépendent des deniers publiques, que ce soit la construction ou le cinéma, il y a des journalistes courageux qui interviewent des petits David fringants et volontaires qui se battent contre un méga Goliath qui lui, nie tout ce qui lui est reproché et qui clame, le trémolo dans la voix, qu’il est le seul à se débattre comme un yabe dans l’eau bénite pour faire venir les Amaricains ici et qu’il trouve injuste qu’on le bombarde de la sorte. Si les Amaricains disaient au bon peuple Québécois tout ce qu’ils nous disent à nous du dit-Monsieur, il aurait évidemment l’air bien moins sûr de lui à la télévision. Mais comme ces conversations-là se passent dans les couloirs ou dans les toilettes, autant dire que c'est une jolie brise dans les buissons ...

Pourtant, la tendance se maintient depuis un moment , celle qui nous étiquette du dernier choix d’endroit où tourner au Canada malgré des salaires plus bas et le dollars Canadien pareil à TO ou Vancouver, celle qui fait réaliser qu’on a les studios et le stock le plus cher du Canada, que les « tout-compris » ne le sont qu’en partie, la tendance aussi de vomir sur le fait qu’il n’y ait pas moyen d’avoir plusieurs devis (très Americanos, la liberté de choix) mais bien un seul possible, étant le propriétaire des seuls studios capables d’inviter tout ce beau monde-là. Pendant ce temps, les artisans sont talentueux, la façon de travailler assez similaire à la leur, l'expertise n'a plus de présentation à se faire faire, il n’y a plus de barrière langagière en vue, les conflis syndicaux sont OK, la terre d’accueil est touffue d’environnements différents, accessibles et variés et c’est encore possible de parker dans le centre-ville, on bouffe bien, les filles sont belles, le nightlife est démoniaque, la vie moins chère qu’ailleurs en Amérique et les plateaux sont pets and kids friendly à mort !!!

Pourquoi ne pas vouloir venir tourner plus ici ? Pourquoi 75% des maisons de productions Américaines ne vienne tourner qu’une fois ici (Warner bros est champion en quantité de tournage, une douzaine environ sur plus d’une 50aine de films tournés depuis l'ouverture des studios) et disent qu’ils ne reviendront plus ? Parce qu’ils gèrent LEUR ARGENT (pas de fonds publiques ici, non non non ) et que ça leur troue le cul de se faire saigner par le magnat du Gobo , du 12K et de la Panaflex de Montréal quand ça leur coûterait moins cher de tout faire venir le matos de Toronto, chauffeur inclus selon les calculs d’un certain Directeur Photo du dernier film que j’ ai fait ! Paraitrait que le client n’est pas Roi dans la Cité du Cinéma de notre jolie ville trouée … mais bon , c’t’encore du memérage ça … et ça ressemble vaguement à nos histoires de ponts et d'autoroute finalement. Du bruit , que du bruit ...


Et évidemment, ce que la journaliste n’a pas pu raconter côté « potinage » de blanchiment d’argent et d’amis au passé douteux et de relations un peu trop chaleureuses avec des clans aux marchandages illégaux , et ben la petite communauté d’artisans, de techniciens et de fournisseurs, eux, ils en jactent un coup et y’a toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui peut te conter un truc pas possible d’un tel qui sort avec la fille d’un autre tel et qui par le fait même devient membre d’une grande famiglia qui eux, ne laisseront jamais tomber un pote en cas de malheur et qu’en échange, le neveu jouera dans le prochain film, ah oui pis les producteurs d’ici qui veulent pas passer à la télé pour se vider le cœur ayant trop peur de passer au feu ou de se faire livrer un rat éventré dans une boite à chaussure, c't'arrivé à quelqu'un que mon ami connait, c’est vrai y parait, tsé, et pis encore des ragots qui glacent le sang et qui donne pas envie de raconter ce qu'on sait et pis toute pis toute … surtout, encore de l’acrobatie Olympique de commérage mais coudonc, ça jase qu’est-ce que tu veux que je te dise …
Tous ces gens qui font courir des bruits sont diplômés de l’académie de Racontage de Fred Pellerin ?
Mais …

Entre les branches, on entend le bruissement des mécontentements due aux bases sclérosées quasi impossibles à changer d'une business en ébulition. Entre les dents, des grognements de sentiments d’injustice devant la présence monolithique des affamés et des gloutons. Entre nous autres, ça va prendre un multimillionnaire craque-potte qui s’ennuie pour venir brasser tout ça en faisant construire des Méga-Giga-studios de la muerté et y laisser entrer tous ceux et celles qui veulent avant tout faire ce qu’ils font de mieux et ce qu’ils aiment : DU CINÉMA ! C’est cool faire du fric mais pas en mangeant de son prochain !!!
Ou ça prendrait un peu plus qu'un seul orteil dans le portillon de la part de la gang du  bureau de l'anti-monopole-machin-chose, mais ils sont tellement occuppés ces gens-là, pas le temps de gérer du papotage de balcon pis de corde à linge ... La chicane est pognée !

Maintenant, reste à trouver ce précieux Mentor qui réduirait les requins au statut de ménés et ce serait franchement plus sain qu’en ce moment dans le merveilleux monde du HD-35-18-Red et des Stars à Monne-Tri-Hall !


Je lance l'appel !

mercredi 12 octobre 2011

Hamed Club Social


Ça a commencé l’été dernier je crois … Il a racheté le dépanneur du coin, littéralement sur le coin, à côté de la boite postale, flanqué d’un grand banc de la ville en faux bois. Il y est 7 jours sur 7, 15 heures sur 24. Il s'appelle Hamed.

Juste au même moment, deux autres monsieurs, comme lui, ouvraient la fruiterie qui m’a sauvé la vie et qui m’empêche de sombrer dans la plus sévère dépression causée par le nouveau Marché Métro qui devait supposément se refaire une beauté et qui s’est plutôt fait rater le botox par un chirurgien fou de la réno …
Oppressant , gros, laid et bruyant !

Bref, je fais maintenant comme mes amis Français, je vais « Chez L’Arabe » acheter ma bouffe. Mais à chaque fois, je constate ce qui se passe au dépanneur collé sur la fruiterie. Il y a comme un mouvement de troupe, une troupe qui s’est enfin trouvé un Club Social ! C’est qu’Hamed , il sait leur parler ! Il sait comment utiliser le temps qui passe et surtout, j’ai l’impression qu’il a des connaissances que l’on a plus sur le temps qui file entre les mains noueuses des vieilles Dames qui constituent sa nouvelle clientèle ultra-fidèle. On s’occupe plus de nos vieux parce qu’on peut. Hamed, d’où il vient, on n’a pas le choix d’y remédier parce qu’ils vont nulle part d’autre que chez lui ! Que ça te plaise ou non d’ailleurs ! C’est comme ça et c’est tout ! Il en a tiré le meilleur à ce que je vois !


Donc, dès que sonne l’heure du lunch, tout le monde sort se chercher une sucrerie au « dep » , une loto, un Coke en petite bouteille de verre qu’il a commencé à commander spécialement pour une des Dames pour faire « comme quand qu’était jeune », un journal pour enfin pouvoir discuter de sujets chauds et un paquet de cigarette pour faire gaillarde ! Et la horde de petites madames racotillées, fleurant fort l’eau de toilette, poudrées comme des beignes au sucre, le bibi bien ancré sur la tête, la petite veste sur le bras en cas de courant d’air, le petit kleenex de manche, la petite sacoche pleine de cachoteries et de petits sous pour dépenser en gâteries et ce, en plusieurs fois, histoire d’avoir une raison de rester plus longtemps avec les autres poules venues caqueter en cœur autour d’un Hamed qui ma foi, a le meilleur groupe d’entraide et d’assimilation Montréalais dont il pouvait rêver !


Il leur conte fleurette, les complimentes sur leur toilettes, leur donne sa place sur le banc de la Ville, connaît leur petit nom, leurs habitudes et leurs goût, rigole quand une madame manque à l'appel et que les autres parlent dans son dos,  il cause bien avec un bel accent et un français quasi impeccable, il pourrait être leur petit-fils, elle le voudrait comme gendre … ah pis non !
Elles gardent ses louanges pour elles-même, il y a si longtemps qu’on ne les a pas fait rougir !


Un petit ramassis de groupies ancestrales pour un nouvel arrivant qui sait mixer ses valeurs communautaires à la curiosité de l’hôte, qui sort le lot d’ancêtres de leur solitude néfaste et se fait un joli capital humain sans vraiment avoir prévu le coup … Hamed , envahi par la cohorte de douairières enguirlandées, officie en grand Souverain sur son trône de PVC en donnant de Lui, tout simplement et en faisant des offrandes de dattes fraiches , « piquées » sur l’étal des deux autres comme lui qui ont ouvert la fruiterie, en racontant son histoire, en écoutant celles des autres, en servant ses clients avec un large sourire, ce qui donne le temps aux dames de se rappeler comment qu’y’é donc ben fin ce beau Hamed là et qui dit mieux, en faisant une petite marche santé !

Je sens que l’hiver sera long pour plusieurs d’entre elles, à moins qu’Hamed installe le banc de la ville en dedans ...

mardi 4 octobre 2011

Attention, billet lancinant !

Je voudrais tellement atterrir et ne penser qu’à mon lit, mes poches d’yeux, mon dos qui se rit de moi, le grooming mensuel laissé pour compte et tout ce que ça donne de tricheries, les visites à faire au plus vite avant que ceux que j’aime ne m’oublient, les obligations domestiques ennuyantes à organiser, je voudrais être fidèle à moi-même et prendre tout à la légère …

Mais là, dans le tournant, j’ai presque perdu une roue dans un nid de poule que je n’avais pas vu venir et la Mercedes Benz de ma vie à 2 est en train de se transformer sournoisement en vieille Fiat rouillée et je veux pas …

Je veux retrouver un moteur neuf, des chucks inusables, un muffler ronronnant, des pièces de qualité, une peinture éclatante et des mags surluisants !


Je veux ravoir un amour comme un char neuf ! Pas l’droit de rider une vieille minoune ! Y’a pas assez de temps pour ça ! La Formule Un de la vie à deux !

Restart your engine !!!!!!!!!!!



mercredi 28 septembre 2011

Atterrissage presqu’immédiat


Mon blog sent le moisi, va falloir ouvrir les fenêtres un peu, aérer quoi !


Disons que le voyage achève, Vendredi, mon Jet Ultra Puissant devrait se frotter les roues sur le tarmac de la vie dite normale et me laisser descendre sur la Terre ferme et me laisser humer les premières effluves de l’automne, à défaut de celles de l’été que je n’ai pas vu. Des effluves assez prenantes pour me donner envies d’ouvrir grand les hublots et de ventiler ma tête, mon corps, mon cœur et mon blog, tiens, pourquoi pas ...


Encore un tournage ultra particulier, aux déploiements grandioses, aux huis-clos « clostrophobiques », aux disputes et aux tracasseries trop envahissantes, aux fous-rires bienfaisants et aux sandwichs trop gras. Encore des situations aussi diamétralement opposées qui nous font vivre des voyages comme un vol au-dessus du triangle des Bermudes dans un avion Russe lors du passage de Katrina et qui ont aussi des moments mous et sucrés comme de la guimauve au lilas … Purée de purée qui faut être fait fort !

La rencontre de gens formidables versus le contact de gens qui vous font découvrir un tueur fou en vous ne se fait pas sans heurt et de passer d’un feeling à l’autre, en faisant des semaines de 85 heures, dans un bruit infernal en bouffant votre lunch en moins d’une demi-heure et ce, pour 4 mois non-stop ; y’a de ces jours où je rêvais de retraite fermée dans le silence obligatoire d’ un temple Bouddhiste …

Entre temps, y’a la vie …

Celle qui continue sans vous, celle qui n’attends plus et qui s’échappe de ceux que vous aimez, celle qui va un peu tout croche dans le cœur des plus jeunes, celles des amoureux qui ne se croisent que sur papier avec des mots d’amour mais sans les gestes, trop occupés à dormir pour ne pas faire un bel infarctus, dormir pour survivre, y’a la vie qui arrive aussi, en forme de bébé de 7 livres et qui ravigote la vie d’amis merveilleux qui n’espéraient pas mieux, la vie de la forêt boréale qui s’est installée dans ce qu’on a déjà appelé un jardin et qui fait rager mon voisin Italien straight qui arrose son asphalte, y’a ma vie qui avance et qui me donne envie de commencer à mentir sur mon âge, c’est que voyez-vous, aujourd’hui j’ai deux fois 22 ans …



J’atterris Vendredi soir très tard, dans l’entrée de ma petite maison chaleureuse et accueillante, j’aurai fini ce film d’après le scénario des frères Grimm, passé dans la moulinette de ce FOU-ci, orchestré par une gang de producteurs en feu, avec une équipe de costume du tonnerre qui aura su livrer la marchandise avec brio et talent, quoi qu’en dise certains voisins du Sud chauvins et belliqueux, quoi qu’en dise les Conquistadors du Stars and Stripes qui cherchent les Starbuck et les Macdo en mettant le pied dans tous les pays qu’ils visitent. Tant pis !

J’atterris et j’ai hâte d’être chez nous, j’étais pourtant pas loin …

dimanche 28 août 2011

Cawole, Ange Gardienne du Saint Rothman King

Juillet 1994, par un beau Vendredi, j’appelle pour donner l’heure d’appel de Cindy, la nouvelle gardienne de Mister Fiss qui a 4 ans. J’ai trouvé Cindy par le billet d’une agence de placement. Elle a 24 ans, trop petite, mal engueulée, fumeuse, une voix de crapaud , des percings et elle adore mon Tiku qui lui, l’apprivoise tranquillement. Ça fait 2 semaines que les observe apprendre à vivre ensemble dans ma maison, juste avant de commencer un tournage de plusieurs mois. Tout a l’air de bien se passer.

Sa mère me répond et fond en larme, Cindy est décédée d’un arrêt cardiaque, elle faisait de la dialyse 1 fois semaine, ne m’en avait jamais parlé et avait en fait, une santé ultra fragile. Je suis consternée, la bouche à terre, me confond en excuses et en condoléances et raccroche en ramassant ma bouche, toujours sur le plancher du salon. Reste que … j’avais besoin d’une gardienne le lundi suivant à 5 heure du mat pour aller habiller, Ô ironie, des faux docteurs sur la série Urgence de Fabienne et Réjean … Ma réalité à moi.

Assise sur le balcon à essayer de trouver une solution, appelant tous les gens que je connais pour avoir un coup de pouce , j’entends ma voisine sortir sur son balcon et sa voix me fait sursauter :
-« Cooooouuuuuuuudonc, t’as ben l’air décrissée toé ! » me dit-elle de toute sa classe de BS génétique édentée mangeant un Joe Louis et sirotant une root beer tout en crissant une claque derrière la tête de son p’tit dernier, morveux et bruyant. Je lui fais la conversation parce que je suis polie et ne voit en elle que tout sauf une issue joyeuse à mon problème. Tout en jasant de ma condition, une femme arrive dans sa cours, venue lui donner un coup de main à son ménage, étant une ramasseuse compulsive et se trouvant ensevelie sous une montagne de cochonneries à trier et à vendre dans des ventes de garage semi lucratives. La dame en question se présente, écoute mon histoire et me dit que, coudonc, elle pourrait, elle, venir garder … Tout ceci se passe en une demi-heure !

Après présentations de mise, entrée dans ma demeure, rencontre en bonne et due forme du Tiku, prologue des Légo et Playmobile, tour de la maisonnée, serrage de pince avec le chum du moment et mise en situation de ma vie de mongole et de mes horaires à la con, tout le monde est charmé. Carole , ma Carole, fera dorénavant partie intégrante de ma vie. Un des après-midi les plus chargé et important de mon existence. En moins de deux heures, ma vie s’est schtroumphée et reschtroumphée et ce, pour le mieux de tous.

Carole , pure inspiration des romans de Michel Tremblay, aura eu la lourde tâche d’être l’aînée d’une famille trop nombreuse, passant sa vie à alléger celle des autres, sa mère acariâtre et amère la traitant comme une esclave, ne trouvant aucun réconfort aux yeux toujours clos de son père alcoolique et désabusé. Rancœur et culpabilité, tristesse lourde, frustration et envie auront été son pain quotidien jusqu’à sa sortie du nid familial, austère et hermétique comme un couvant.

Tout allait bien jusqu’à la fermeture de milliers de poste à la grosse compagnie qui l’engageait. N’ayant jamais eu l’opportunité de se repositionner dans un poste équivalent, elle a vogué au cours des jobinettes, résiliente et fière, ayant vite appris à ne pas faire de vague et à se démerder sauf que … l’amour propre, déjà scratché, aura juste usé plus vite que prévu. Pas de boulot substantiel en vue, pas de chum pour aider, pas de famille pour tendre une main , pourquoi pas gardienne du plus merveilleux petit garçon du monde ?

Son arrivée au sein de notre famille aura changé autant de choses pour nous que pour elle. Elle était enfin indispensable à mes yeux de jeune maman monoparentale, indétrônable aux yeux pleins d’amour de mon crapounet de 4 ans complètement enamouré, irremplaçable aux yeux du nouveau chum en tant que femme de la maison , capable de tout, tellement qu’on l’a fait déménager dans notre triplex, juste en haut de chez nous, juste pour la garder plus près, dans un logement mieux que son un et demi désolant, lui permettant de descendre en jaquette, Rothman king Size au bec avec son café instant, bichonner mon Tiku à des heures impensables, me laissant la chance de monter dans ma petite carrière sans avoir les boyaux serrés d’inquiétude.

Carole ma Carole, sans qui Mister Fiss ne serait pas celui qu’il est, sans qui ma vie n’aurait été qu’un amoncellement de craintes et d’anxiété, avec qui j’ai partagé temps, tendresses , confessions et fous rires, avec qui j’ai pu aussi pleurer mes amours, célébrer les anniversaires, fumer des smokes avec une bière dans la cours, lui apprendre qu’un tartare de bœuf ne se mange que saignant et retrouver avec elle, l’art perdu du rôti de porc. Toutes ses souffrances liées à ses histoires de familles ne sortaient qu’une fois arrosée de rhum, de plus en plus cachées, de plus en plus douloureuses, nourrissant la bête en elle …

Mais Carole, ma Carole devenue Cawole pour les intimes, retrouvait toujours un peu de légèreté au sein de notre groupe aimant, elle a aussi gardé ma nièce, fait les ménages les plus fabuleux qu’une tite femme de carrière puisse espérer, plier nos bobettes, frotter les cadres de portes et montrer à mon fils comment ne pas faire de bruit le matin pour laisser maman dormir parce qu’elle a travaillé toute la nuit dehors en hiver …
Elle a communiquer par petites notes, téléphones et petits gestes sentis, n’a jamais oublié une seule date de fête, fiable comme 12 sur rendez-vous importants, présente à ma place quand mon fiston s’est fait renversé à vélo par une automobiliste distraite, bref, ma femme au foyer, mon amie ma grande sœur, celle sur qui j’ai pu compter en tout temps.

Depuis qu’elle est devenue l’amie de mon Mister Fiss qui n’avait plus besoin de ses bons soins mais toujours de sa présence, sa vie ne s’est composé que de millier de ménages, de prises de becs avec sa famille, de changements d’adresses mais pas de vie. Toujours présente et pour les sorties restos et pour l’entretient ( la seule au monde capable de me faire pâmer sur un ménage) de notre casbah, toujours dans mes priorités d’appels, Cawole a fondu comme neige au soleil dans les derniers mois de l’été.

Je la savais capable de tousser ses 2 paquets de cigarettes de façon méga-alarmante, je la connaissais grande fana de la sandwich au pain blanc, moutarde de baseball et balooney, des cafés en « pourdres » et des ti-beignes au sucre mais la voir 10 livres en moins d’une fois à l’autre de nos rencontres de plus en plus espacées me donnait des indices sur l’état de sa santé même si j’ai toujours respecté ses silences sur certains aspects de sa vie privée. Non, elle n’avait pas enfin vu la lumière chez Weight Watchers et non elle n’allait jamais devenir crudivore et yoguiste. Elle avait l'air de la mère de ma mère et était pourtant plus jeune qu'elle.

Ma Cawole allait mourir jeune, je l’avais toujours su … Mais je la savais aussi capable de mourir seule, en catimini, loins des yeux de ceux et celles qu’elle a repoussé au fil des ans. Elle n’allait pas me faire ça à moi, sa chum de fille .

J’ai appris son entrée à l’hosto par un cameraman de notre film qui faisait faire ses ménages par elle … La criss ! La maudite ! Pas fait ni un ni deux, j’ai appelé tout le monde ! Mister Fiss a pris son courage à deux mains, y a été, l’a bizoutée autant qu’il a pu, lui a dit combien il l’aimait et ce , pendant qu’elle était consciente. Thank God. Son fils d’emprunt comme elle l’appelait, aura fait ce que doit. Il aura aussi le cœur léger. Si elle voulait faire ça discret, j’ai fait échouer son plan. Pas question de mourir en secret.

J’ai donc pu la tendrifier, lui faire des baisers sur son front, lui flatter la tête et lui dire tout l’amour et toute la gratitude que j’ai pour elle. La beauté des malades intubés et inconscients, c’est qu’ils se laissent enfin coller et câliner. Je me suis gâtée.

Elle est partie, quitter sa carapace cancéreuse pleine de blues , son beau rire en cascade résonne dans mes oreilles, Cawole ma Cawole , bien plus grande qu’une nounou de luxe, plus attentionnée que le Dalaï Lama, plus rocker que Gerry, ton absence se fera tellement sentir que je devrai aller te jaser sur le perron en regardant les étoiles en espérant que tu t’amuses enfin.

Tu le mérite plus que tout, t’as pas eu ta part ben ben …
Je t’aime et tu vas nous manquer.
Ta Shirley

dimanche 21 août 2011

Là où y’a de l’humain …

Y’a de l’humainerie !

Je ne me rappelle plus qui a dit ça …
Mais c’est surement mon gourou sans que je le sache !
La politicaillerie et les petites guerres ouvertes dans les groupes qui compose notre plateau se font ressentir vu le « count-down zero » commencé, les flèches sont plus piquantes, les langues se délient, les coups bas se dévoilent, bref, je me répète ! Plus la fin approche, plus les susceptibilités prennent la place. On s’en sort pas !

En vrac d’humainerie donc :

*Les filles et les fils DE sont toujours remarquables sur un plateau, ils portent tous et toutes les stigmates de papa-maman. Des fois c’est bien, des fois moins … Le mien de Mister Fiss en souffre d’un bord et se fait célébrer de l’autre. Il pense à changer de nom de famille sérieusement . J’ai dû jongler avec ça aussi avant de réussir à me faire mon propre nom, CV à l’appui.

*Au milieu d’une production de film, les ragots de projets à venir se font de plus en plus juteux. Spéculations et téléphonie se font aller allègrement, lire et relire Pérette et le pot au lait j’avais dit je crois, ne ferait pas de tort aux excités workaholic qui veulent travailler sur tous les gros films, au risque de faire de l’overlaping extreme et finir avec une réputation de « pas fiable », surtout si le dit film fini par tirer la plogue et laisser tous les énarvés le bec à l’eau … La seule vrai garantie qu’un film se fera est votre nom sur un contrat et un gros party de clôture de tournage !

*Jamais ri autant avec ma gang de Nains-petites-personnes-liliputiens ! Les Rois de la joke pas propre, sexiste, raciste, naniste (ça se dis-tu ?) et pas politically correct pour 2 cennes ! Rien ne les arrête ! La pauvre Blanche Neige a de la misère à se concentrer ! Les blondes, les femmes, les bébés sont tous là, heureux et ceux qui ne peuvent pas venir s’ennuient comme 20 et skypent à mort, nous présentant comme étant les responsables de leur santé mentale, nous, les chikas du costume. La musique sort des toutes petites enceintes de son des Ipod de cette joyeuse gang et les fait patienter en attendant de faire joli sur le plateau, on danse, on chante et Pippa (en photo plus haut ) est dorénavant notre mascotte et on veut la garder la fin de semaine, en tout cas on s’est offert ! Que du bonheur !

*Zamouri a une nouvelle maitresse. Il me trompe avec la grimpe, les rock-gym et les flans de montagne ! Sa nouvelle obsession lui aura valu un index en bouillie et une cheville cassée mais tout s’excuse quand on regarde les résultats de bien-être dans la tête et de musculation sous le t-shirt blanc ! C’est du joli !

*On ne demande pas à un uni-jambiste de courir le marathon mais on voudrait tant qu’un kid avec des maux qui ne paraissent pas, « comprenne et agisse comme du monde». La santé mentale a ça de pernicieux qu’à moins de vous baver dessus dans une chaise roulante, le peuple ne vous prend jamais complètement au sérieux à moins de poser des gestes malheureux aux conséquences désastreuses. Le plus grand défaut de ces maladies-là c’est que ça ne parait pas. Un grand grand câlin virtuel à ceux et celles qui dealent avec des membres de leur famille atteints de maladies mentales sournoises et inquiétantes qui vous bouffent l’énergie. Un grand bizous de compassion aux enfants qui souffrent et ne comprennent pas tout ce qui leur arrive.

*Dans la catégorie « J’aime-ma-job », il y a le rituel du Vendredi établi par un de nos producteur Américain du nom de Jeff. Jeff est de New-York et vient à Montréal depuis qu’il est tout petit. L’an dernier, durant le tournage d’Immortals, son papa est décédé. On lui a fait une jolie carte avec tous nos vœux de condoléance et ça l’a touché au plus profond de son cœur. Le lendemain de la remise de carte, est arrivé des centaines de cartons pleins de drink d’Orange Julep. Il nous a raconté qu’étant petit, lui et ses frères embarquaient dans la grosse bagnole de leur père pour aller rendre visites aux amis de celui-ci vivant à Montréal et que le seul truc pour les tenir tranquille était de leur promettre un grand Orange Julep et un hot-dog, truc qui, of course, fonctionnait à merveille. Il nous promettait donc, qu’à chaque dernier jour de la semaine, il nous récompenserait de notre beau travail de la même façon que son Papou le faisait, hommage à la gentillesse des gens de Montréal et Ode aux souvenirs d’enfance. Mon petit cœur à moi, saigne toujours un peu quand je sirote religieusement le mien de drink et mes yeux se mouillent systématiquement en pensant à mon père à moi !

*J’aimerais bloguer tout plein mais je n’y arrive pas, les semaines de 80 heures et plus me râpent la créativité et je passe trop de temps loin de mon ordi et de ma paperasse , ce qui me force à faire des « devoirs » de costumes la fin de semaine, me laissant autant l’envie d’écrire que de pelleter l’hiver après une grosse tempête.
Et pourtant, c’est pas les histoires qui manque !

Allez ! Bizous !

dimanche 31 juillet 2011

Vrac à la va vite à la croisée des chemins

Pensées qui se bousculent et art de ne pas tout divulguer ne vont pas de paire ! Merde !
Pas facile de raconter sans tout dire, de partager sans tout offrir …
Bref …

*Nous sommes à mi-chemin de notre big projet du conte des frères Grimm, La Reine a fini et rentre dans son hacienda avec sa meute pour un repos bien mérité. Pour souligner son appréciation des services rendus durant sa partie de tournage, elle a fait organiser une méga-boom au très chic W, tout le monde sur la guest-list, bar open, petites bouchées qui ont défilé toute la soirée, techniciens frais rasés avec leurs belles tites chemises et techniciennes en talons hauts, grimmées et gorgeuses à souhait , le tout enmusiqué par une DJette qui a réussi le tour de force de mettre du Top Forty de mariage et de la bonne musique aussi ! Réussite fracassante !

Le clou de la soirée a quand même été l’arrivée de notre Big Boss toujours aussi farfelu et délinquant ! Le mausus de fou est arrivé avec une perruque blonde platine,bouclée, longue et de mauvaise qualité sur sa tête, chevauchant un Bixi et se présentant fièrement comme étant le Director. Les gros goons Blacks de la sécurité à la porte ne l’ont pas trouvé drôle deux secondes et ne l’ont pas laissé passé ! Il aura fallu l’approbation des hautes instances pour le laisser enfin rentrer se déchaîner sur la piste de danse et enfin arriver à sa transe bollywoodienne tant espérée, c’est qu’il aime danser le Boss ! Il a fini son dernier projet en plâtre l’an passé tant il avait sauté partout dans une soirée organisée par lui-même !
Et hier soir ne faisait pas exception, on a failli réserver une chaise roulante par pure anticipation. J’avais déjà vu des gens se donner à fond dans la danse mais lui … il pourrait donner des cours de transe aux prêtresses Vaudoo et aux danseurs Sufi Derviches Tourneurs de ce monde ! Craque-pote rafraichissant ! Il a même apporté son CD de breakbeat Hindu … je savais même pas que ça existait !

Un duel de danse entre la Reine et le Demi-Dieu Indien aux cheveux blonds a eu lieu au milieu d’un grand cercle formé pour l’occasion et a fait taper des mains et cogner du pied tous les danseurs présents. Le garde du corps de la Reine nous a juré qu’il ne l’avait pas vu avoir autant de fun depuis un sacré boutte ! Merci Montréal et ses habitants festifs, ville de tous les débordements et de la belle liberté !

*Si danser une salsa endiablée avec un Nain ne faisait pas nécessairement partie de ma wish-list du party, sachez que c’est quand même chose faite et que ce fut une expérience pour le moins complexe vu ma taille déjà longue agrémentée de talons hauts de 4 pouces et la petitesse de mon charmant accompagnateur. J’ai testé mes capacités aux « dips » et aux squats ainsi qu’aux tours à gauche, tours à droite dans la position accroupie et ma foi, on ne s’en est pas trop mal sorti ! J’ai une vie quand même riche d’évènements vous trouvez pas ?

*Si on cause Nanisme, une fois le lot de jokes niaiseuses, quoi que divertissantes, passées, reste les questions plus délicates sur la vie à deux entre une personne de taille régulière et une personne de 3 pieds 4 pouces (parce que sur 7 mecs de taille mini, il y en a 5 avec des blondes de 5 pieds 3 en montant , un seul avec une femme de sa taille et un célibataire qui se meurt de toutes les filles sur le plateau, just so you know …) et suite à toutes ces causeries de haute voltige de l’intelligence et du bon goût, viennent les débats sur lesquels le groupe s’est scindé en deux.

 Des gens atteints de difformité ou d’anormalité devraient-ils se reproduire ou non, sont-ils assez égoïste pour se faire plaisir en oubliant tout ce qu’ils ont enduré de sarcasmes et de moqueries et faire subir ça à leurs enfants qui ont une chance sur deux d’être nains aussi OU étant déjà marginalisés de par leur statut, se donnent-ils le droit au bonheur d’une famille unie et aimante quoi qu’il en soit et se trouvent ainsi une part de « normalité » dictée par la société.

Je fais partie de ce groupe- là, surtout après avoir rencontré la toute petite femme et les deux très petits enfants d’un de nos 7 Dudes, papa exemplaire qui éduque, enlace tendrement, essuie les ti-becs pleins de crème glacée, colle sa blonde de 3 pieds deux et joue au ballon en gang avec les mononcs et les kids, tout ce beau monde filait là un bonheur quasi parfait et j’ai dû me mordre l’intérieur des joues pour ne pas faire des gros bizous en pincettes aux tout petits petits enfants de Mark et Cindy … J’en ai eu les yeux mouillés. Pendant ce temps, l’autre gang regardait cette scène avec amertume et pitié …
Débat, quand tu nous tiens …

*Pendant que la ville et ses infrastructure s’écroule, le party est pogné à tous les coins de rue, ici un feu d’artifice, ici un festival de musique émergente, ici un rassemblement de fermiers, là un concerto de Chopin pour pleins de pianos, de la Francophonie en Folie, des humoristes lachés lousses dans le traffic, du Jazz de partout, des vacances de construction, des clubs qui reçoivent les meilleurs DJ du monde, des gens différents qui en font une bonne raison de fêter … Babylone brûle les enfants ! Mais dansons pardi … Dansons !

On ramassera Lundi …

samedi 16 juillet 2011

Secrets et frous-frous


À quelques différences prêt, travailler pour les mêmes équipes de création qui elles, sont assistées des mêmes gestionnaires, qui eux sont engagés par les mêmes Boss pourrait être redondant et sans surprise. Mais que nenni mes amis ! Que nenni !

Si l’on considère que déjà, le sujet est complètement, mais que dis-je, diamétralement différent de celui de l’an passé, si l’on prend note que le casting est fondamentalement contraire et que la charge de travail se retrouve naturellement sur d’autres départements que ceux d’antan, well, on a un projet totalement unique en son genre. Impossible de comparer autre chose que les bons vieux irritants connus. Avec lesquels on deal assurément mieux vu qu’en terrain connu.

Par contre, des jeux ont été faits autrement et c’est tant mieux. Notre département a maintenant un Caporal venu des quartiers Irlandais de New-York, une main de fer dans un gant de velours, un cœur en chocolat et une honnêteté décapante. Une control freak juste, une « Tyrane » workaholique avec une fibre maternelle plus grande que la tour du CN et du métier magistralement intégré qui la rend respectable et aimable comme tout (ou malgré tout).

Évidemment qu’on est plus indépendants que ça quand vient le temps de travailler sur les tournages Québécois ou Américains mais les plateaux de cette ampleur font tellement de politicailleries que ça prend inévitablement un ministre de la Justice qui met son nez partout. On a l’équivalent de ce poste dans notre jolie ville et donc, la meilleure Coordo Montrealaise assiste la Capo Coordo New-Yorkaise et franchement, moi la Shirley ne m’en porte que mieux ! J’ai deux Formule Un de la gestion de costume qui nous enveloppent l’équipe de 60 quelque habilleurs-euses/costumières/couturières/acheteurs-euses/patineuses/accessoiristes de costumes/coupeurs/etc, etc …

Bref, rien à voir avec les hostilités du dernier projet dans ce département ! Rien ! Je peux enfin ne faire QUE ma job ! ! J’aimerais tant vous bombarder de jolies photos, mais c’est SECRET ! Des frous-frous multicolores et impénétrables !

En plus de manipuler les plus beaux costumes du monde, nos acteurs sont tous adorables, trooper comme 20, se sentent privilégiés d’avoir été choisis chez les plus jeunes, rigolent comme des bossus chez les plus vieux vu la frivolité de notre grand Gourou (le même que l’an passé) et les « grosses vedettes » sont professionnelles et ne font pas de vagues comparables au tsunami vécus à pareille date l’année dernière!

Notre fameuse vedette ne cesse de recevoir copains connus et amis célèbres de passage, invite les grands et les petits à faire partie du projet, insiste pour que la santé et l’idéal écologique des petites gens soient respectés par la production en nous faisant bouffer et boire dans du p’tit plat biodégradable et en fournissant des bouteilles d’eau de stainless plutôt que de se remplir la poubelle de petites bouteilles de plastoche, remercie tout le monde pour la journée et nous fait livrer des petites douceurs le matin suite à une journée de 18 heures. Ça compense pour toutes les fois où ça ne semble pas simple. Le titre de Diva ou de SuperStar vient avec plein de contradiction et c’est toujours comme ça. À nous de focusser sur ce qu’on aime et de balayer du revers de la main ce qui nous emmerde. Rien ni personne n’est parfait. Reste qu’elle a du goût en ce qui a trait à son entourage immédiat. Ils sont TOUS ET TOUTES adorables !

J’ai vécu de grandes émotions quand fut venu le temps de faire les scènes hautes en couleurs parce que je travaille sur un projet de type « once in a life time » et que jamais je n’ai vu un tournage dirigé par le département des costumes de cette façon; les habits sont si gros, lourds et grands que toutes nos habitudes de travail sont chamboulées et en plus, ça fait ouvrir la bouche toute béate devant la fantaisie et la beauté accumulée ! Fascinant ! Même les gros bras ouvrent de grands yeux !
Ça équilibre en joie le manque de sommeil, juré !

dimanche 3 juillet 2011

A man’s world ?

Où sont les hommes ?

Je veux dire, dans le département costume.
Où sont les hommes dans le département costume ? Bon .

Y’a de ces moments où l’on a besoin d’équilibre Testo-Progesto au sein d’une équipe et là ; zéro équilibre ! Niet ! Néant !
Je regarde mon bottin d’Union des artisans de la Péloche incorporé et ils sont 12 mecs versus une centaine de nanas ! Ça va pas du tout ! Non seulement ça va pas mais je vous dis, il serait bon d’y remédier ! Mesdames et Messieurs si vous sentez que vos petits garçons aiment jouer à la Barbie, envoyez-les moi ! Je les entrainerai comme une Yoda de l’habillage et ils arriveront sur leur premier plateau prêts comme des combattants Spartiates qui sont revenus de la forêt après avoir conquis la Bête !

Comme je dois par contre l’expliquer à chaque personne qui me dit qu’elle CA.PO.TE. sur le linge et la mode, il y a un monde, que dis-je, une galaxie entre Stylisme et Costume de cinéma et Costume de scène. J’en ajouterais en disant qu’une personne douée dans une de ces sphères ne le serait pas assurément dans l’autre. J’ai connu des costumières hallucinantes dans l’époque et le militaire mais nulles à chier sur des télé-séries modernes où les gens devaient avoir un air tout ce qu’il y a de plus Hip. Raté ! Gênant !

Une Styliste qui fait les looks les plus incroyables et qui connaît les derniers courants de la mode et qui sait ce qui va à qui, selon la physionomie, dans quelle genre situations différentes ne peut pas systématiquement donner un aura de vraisemblance à un acteur qui joue un itinérant ou un Punk en lui mettant n’importe quoi sur le dos. Non … c’est plus complexe. Mais pour revenir à mes moutons …

J’ai connu des garçons en couture, en Design, sur les courses et en atelier à l’assistanat mais sur le plateau, là où l’on prend le travail de nos compères de l’atelier, qu’on le gère, qu’on l’installe sur la bonne personne, qu’on le range, qu’on le transborde, qu’on l’archive, qu’on l’entretient et qu’on s’arrange pour que les acteurs et actrices soient un tant soit peu comfo ? J’imagine qu’il y a une part trop maternelle-femme-au-foyer dans cette job là en particulier qui rebute les joueurs de l’équipe Masculine et pourtant … J’ai connu des vilains acteurs qui ne voulaient pas qu’une « dame » les touche !

À ceux-là, je fais toujours la même joke redondante : -« Étant donné que je suis un homme homosexuelle pris dans un corps de femme suite à un mauvais sort, puis-je me permettre de vous faire votre nœud de cravate Sire ? » 9 fois sur 10 ça marche . HA !

Mais je ne pourrai pas toujours m’en sortir aussi facilement ! Faque hein ?!?
Si jamais , dans votre entourage, il se trouvait des gamins qui ont envie de taponner de la guénille, qui ont des dons sociaux hors norme et qui n’ont pas peur du gros travail lourd tout en manipulant de la dentelle, j’ouvre pas d’école mais je saurai les diriger !

Ya all know where i’m at !