dimanche 28 août 2011

Cawole, Ange Gardienne du Saint Rothman King

Juillet 1994, par un beau Vendredi, j’appelle pour donner l’heure d’appel de Cindy, la nouvelle gardienne de Mister Fiss qui a 4 ans. J’ai trouvé Cindy par le billet d’une agence de placement. Elle a 24 ans, trop petite, mal engueulée, fumeuse, une voix de crapaud , des percings et elle adore mon Tiku qui lui, l’apprivoise tranquillement. Ça fait 2 semaines que les observe apprendre à vivre ensemble dans ma maison, juste avant de commencer un tournage de plusieurs mois. Tout a l’air de bien se passer.

Sa mère me répond et fond en larme, Cindy est décédée d’un arrêt cardiaque, elle faisait de la dialyse 1 fois semaine, ne m’en avait jamais parlé et avait en fait, une santé ultra fragile. Je suis consternée, la bouche à terre, me confond en excuses et en condoléances et raccroche en ramassant ma bouche, toujours sur le plancher du salon. Reste que … j’avais besoin d’une gardienne le lundi suivant à 5 heure du mat pour aller habiller, Ô ironie, des faux docteurs sur la série Urgence de Fabienne et Réjean … Ma réalité à moi.

Assise sur le balcon à essayer de trouver une solution, appelant tous les gens que je connais pour avoir un coup de pouce , j’entends ma voisine sortir sur son balcon et sa voix me fait sursauter :
-« Cooooouuuuuuuudonc, t’as ben l’air décrissée toé ! » me dit-elle de toute sa classe de BS génétique édentée mangeant un Joe Louis et sirotant une root beer tout en crissant une claque derrière la tête de son p’tit dernier, morveux et bruyant. Je lui fais la conversation parce que je suis polie et ne voit en elle que tout sauf une issue joyeuse à mon problème. Tout en jasant de ma condition, une femme arrive dans sa cours, venue lui donner un coup de main à son ménage, étant une ramasseuse compulsive et se trouvant ensevelie sous une montagne de cochonneries à trier et à vendre dans des ventes de garage semi lucratives. La dame en question se présente, écoute mon histoire et me dit que, coudonc, elle pourrait, elle, venir garder … Tout ceci se passe en une demi-heure !

Après présentations de mise, entrée dans ma demeure, rencontre en bonne et due forme du Tiku, prologue des Légo et Playmobile, tour de la maisonnée, serrage de pince avec le chum du moment et mise en situation de ma vie de mongole et de mes horaires à la con, tout le monde est charmé. Carole , ma Carole, fera dorénavant partie intégrante de ma vie. Un des après-midi les plus chargé et important de mon existence. En moins de deux heures, ma vie s’est schtroumphée et reschtroumphée et ce, pour le mieux de tous.

Carole , pure inspiration des romans de Michel Tremblay, aura eu la lourde tâche d’être l’aînée d’une famille trop nombreuse, passant sa vie à alléger celle des autres, sa mère acariâtre et amère la traitant comme une esclave, ne trouvant aucun réconfort aux yeux toujours clos de son père alcoolique et désabusé. Rancœur et culpabilité, tristesse lourde, frustration et envie auront été son pain quotidien jusqu’à sa sortie du nid familial, austère et hermétique comme un couvant.

Tout allait bien jusqu’à la fermeture de milliers de poste à la grosse compagnie qui l’engageait. N’ayant jamais eu l’opportunité de se repositionner dans un poste équivalent, elle a vogué au cours des jobinettes, résiliente et fière, ayant vite appris à ne pas faire de vague et à se démerder sauf que … l’amour propre, déjà scratché, aura juste usé plus vite que prévu. Pas de boulot substantiel en vue, pas de chum pour aider, pas de famille pour tendre une main , pourquoi pas gardienne du plus merveilleux petit garçon du monde ?

Son arrivée au sein de notre famille aura changé autant de choses pour nous que pour elle. Elle était enfin indispensable à mes yeux de jeune maman monoparentale, indétrônable aux yeux pleins d’amour de mon crapounet de 4 ans complètement enamouré, irremplaçable aux yeux du nouveau chum en tant que femme de la maison , capable de tout, tellement qu’on l’a fait déménager dans notre triplex, juste en haut de chez nous, juste pour la garder plus près, dans un logement mieux que son un et demi désolant, lui permettant de descendre en jaquette, Rothman king Size au bec avec son café instant, bichonner mon Tiku à des heures impensables, me laissant la chance de monter dans ma petite carrière sans avoir les boyaux serrés d’inquiétude.

Carole ma Carole, sans qui Mister Fiss ne serait pas celui qu’il est, sans qui ma vie n’aurait été qu’un amoncellement de craintes et d’anxiété, avec qui j’ai partagé temps, tendresses , confessions et fous rires, avec qui j’ai pu aussi pleurer mes amours, célébrer les anniversaires, fumer des smokes avec une bière dans la cours, lui apprendre qu’un tartare de bœuf ne se mange que saignant et retrouver avec elle, l’art perdu du rôti de porc. Toutes ses souffrances liées à ses histoires de familles ne sortaient qu’une fois arrosée de rhum, de plus en plus cachées, de plus en plus douloureuses, nourrissant la bête en elle …

Mais Carole, ma Carole devenue Cawole pour les intimes, retrouvait toujours un peu de légèreté au sein de notre groupe aimant, elle a aussi gardé ma nièce, fait les ménages les plus fabuleux qu’une tite femme de carrière puisse espérer, plier nos bobettes, frotter les cadres de portes et montrer à mon fils comment ne pas faire de bruit le matin pour laisser maman dormir parce qu’elle a travaillé toute la nuit dehors en hiver …
Elle a communiquer par petites notes, téléphones et petits gestes sentis, n’a jamais oublié une seule date de fête, fiable comme 12 sur rendez-vous importants, présente à ma place quand mon fiston s’est fait renversé à vélo par une automobiliste distraite, bref, ma femme au foyer, mon amie ma grande sœur, celle sur qui j’ai pu compter en tout temps.

Depuis qu’elle est devenue l’amie de mon Mister Fiss qui n’avait plus besoin de ses bons soins mais toujours de sa présence, sa vie ne s’est composé que de millier de ménages, de prises de becs avec sa famille, de changements d’adresses mais pas de vie. Toujours présente et pour les sorties restos et pour l’entretient ( la seule au monde capable de me faire pâmer sur un ménage) de notre casbah, toujours dans mes priorités d’appels, Cawole a fondu comme neige au soleil dans les derniers mois de l’été.

Je la savais capable de tousser ses 2 paquets de cigarettes de façon méga-alarmante, je la connaissais grande fana de la sandwich au pain blanc, moutarde de baseball et balooney, des cafés en « pourdres » et des ti-beignes au sucre mais la voir 10 livres en moins d’une fois à l’autre de nos rencontres de plus en plus espacées me donnait des indices sur l’état de sa santé même si j’ai toujours respecté ses silences sur certains aspects de sa vie privée. Non, elle n’avait pas enfin vu la lumière chez Weight Watchers et non elle n’allait jamais devenir crudivore et yoguiste. Elle avait l'air de la mère de ma mère et était pourtant plus jeune qu'elle.

Ma Cawole allait mourir jeune, je l’avais toujours su … Mais je la savais aussi capable de mourir seule, en catimini, loins des yeux de ceux et celles qu’elle a repoussé au fil des ans. Elle n’allait pas me faire ça à moi, sa chum de fille .

J’ai appris son entrée à l’hosto par un cameraman de notre film qui faisait faire ses ménages par elle … La criss ! La maudite ! Pas fait ni un ni deux, j’ai appelé tout le monde ! Mister Fiss a pris son courage à deux mains, y a été, l’a bizoutée autant qu’il a pu, lui a dit combien il l’aimait et ce , pendant qu’elle était consciente. Thank God. Son fils d’emprunt comme elle l’appelait, aura fait ce que doit. Il aura aussi le cœur léger. Si elle voulait faire ça discret, j’ai fait échouer son plan. Pas question de mourir en secret.

J’ai donc pu la tendrifier, lui faire des baisers sur son front, lui flatter la tête et lui dire tout l’amour et toute la gratitude que j’ai pour elle. La beauté des malades intubés et inconscients, c’est qu’ils se laissent enfin coller et câliner. Je me suis gâtée.

Elle est partie, quitter sa carapace cancéreuse pleine de blues , son beau rire en cascade résonne dans mes oreilles, Cawole ma Cawole , bien plus grande qu’une nounou de luxe, plus attentionnée que le Dalaï Lama, plus rocker que Gerry, ton absence se fera tellement sentir que je devrai aller te jaser sur le perron en regardant les étoiles en espérant que tu t’amuses enfin.

Tu le mérite plus que tout, t’as pas eu ta part ben ben …
Je t’aime et tu vas nous manquer.
Ta Shirley

dimanche 21 août 2011

Là où y’a de l’humain …

Y’a de l’humainerie !

Je ne me rappelle plus qui a dit ça …
Mais c’est surement mon gourou sans que je le sache !
La politicaillerie et les petites guerres ouvertes dans les groupes qui compose notre plateau se font ressentir vu le « count-down zero » commencé, les flèches sont plus piquantes, les langues se délient, les coups bas se dévoilent, bref, je me répète ! Plus la fin approche, plus les susceptibilités prennent la place. On s’en sort pas !

En vrac d’humainerie donc :

*Les filles et les fils DE sont toujours remarquables sur un plateau, ils portent tous et toutes les stigmates de papa-maman. Des fois c’est bien, des fois moins … Le mien de Mister Fiss en souffre d’un bord et se fait célébrer de l’autre. Il pense à changer de nom de famille sérieusement . J’ai dû jongler avec ça aussi avant de réussir à me faire mon propre nom, CV à l’appui.

*Au milieu d’une production de film, les ragots de projets à venir se font de plus en plus juteux. Spéculations et téléphonie se font aller allègrement, lire et relire Pérette et le pot au lait j’avais dit je crois, ne ferait pas de tort aux excités workaholic qui veulent travailler sur tous les gros films, au risque de faire de l’overlaping extreme et finir avec une réputation de « pas fiable », surtout si le dit film fini par tirer la plogue et laisser tous les énarvés le bec à l’eau … La seule vrai garantie qu’un film se fera est votre nom sur un contrat et un gros party de clôture de tournage !

*Jamais ri autant avec ma gang de Nains-petites-personnes-liliputiens ! Les Rois de la joke pas propre, sexiste, raciste, naniste (ça se dis-tu ?) et pas politically correct pour 2 cennes ! Rien ne les arrête ! La pauvre Blanche Neige a de la misère à se concentrer ! Les blondes, les femmes, les bébés sont tous là, heureux et ceux qui ne peuvent pas venir s’ennuient comme 20 et skypent à mort, nous présentant comme étant les responsables de leur santé mentale, nous, les chikas du costume. La musique sort des toutes petites enceintes de son des Ipod de cette joyeuse gang et les fait patienter en attendant de faire joli sur le plateau, on danse, on chante et Pippa (en photo plus haut ) est dorénavant notre mascotte et on veut la garder la fin de semaine, en tout cas on s’est offert ! Que du bonheur !

*Zamouri a une nouvelle maitresse. Il me trompe avec la grimpe, les rock-gym et les flans de montagne ! Sa nouvelle obsession lui aura valu un index en bouillie et une cheville cassée mais tout s’excuse quand on regarde les résultats de bien-être dans la tête et de musculation sous le t-shirt blanc ! C’est du joli !

*On ne demande pas à un uni-jambiste de courir le marathon mais on voudrait tant qu’un kid avec des maux qui ne paraissent pas, « comprenne et agisse comme du monde». La santé mentale a ça de pernicieux qu’à moins de vous baver dessus dans une chaise roulante, le peuple ne vous prend jamais complètement au sérieux à moins de poser des gestes malheureux aux conséquences désastreuses. Le plus grand défaut de ces maladies-là c’est que ça ne parait pas. Un grand grand câlin virtuel à ceux et celles qui dealent avec des membres de leur famille atteints de maladies mentales sournoises et inquiétantes qui vous bouffent l’énergie. Un grand bizous de compassion aux enfants qui souffrent et ne comprennent pas tout ce qui leur arrive.

*Dans la catégorie « J’aime-ma-job », il y a le rituel du Vendredi établi par un de nos producteur Américain du nom de Jeff. Jeff est de New-York et vient à Montréal depuis qu’il est tout petit. L’an dernier, durant le tournage d’Immortals, son papa est décédé. On lui a fait une jolie carte avec tous nos vœux de condoléance et ça l’a touché au plus profond de son cœur. Le lendemain de la remise de carte, est arrivé des centaines de cartons pleins de drink d’Orange Julep. Il nous a raconté qu’étant petit, lui et ses frères embarquaient dans la grosse bagnole de leur père pour aller rendre visites aux amis de celui-ci vivant à Montréal et que le seul truc pour les tenir tranquille était de leur promettre un grand Orange Julep et un hot-dog, truc qui, of course, fonctionnait à merveille. Il nous promettait donc, qu’à chaque dernier jour de la semaine, il nous récompenserait de notre beau travail de la même façon que son Papou le faisait, hommage à la gentillesse des gens de Montréal et Ode aux souvenirs d’enfance. Mon petit cœur à moi, saigne toujours un peu quand je sirote religieusement le mien de drink et mes yeux se mouillent systématiquement en pensant à mon père à moi !

*J’aimerais bloguer tout plein mais je n’y arrive pas, les semaines de 80 heures et plus me râpent la créativité et je passe trop de temps loin de mon ordi et de ma paperasse , ce qui me force à faire des « devoirs » de costumes la fin de semaine, me laissant autant l’envie d’écrire que de pelleter l’hiver après une grosse tempête.
Et pourtant, c’est pas les histoires qui manque !

Allez ! Bizous !

dimanche 31 juillet 2011

Vrac à la va vite à la croisée des chemins

Pensées qui se bousculent et art de ne pas tout divulguer ne vont pas de paire ! Merde !
Pas facile de raconter sans tout dire, de partager sans tout offrir …
Bref …

*Nous sommes à mi-chemin de notre big projet du conte des frères Grimm, La Reine a fini et rentre dans son hacienda avec sa meute pour un repos bien mérité. Pour souligner son appréciation des services rendus durant sa partie de tournage, elle a fait organiser une méga-boom au très chic W, tout le monde sur la guest-list, bar open, petites bouchées qui ont défilé toute la soirée, techniciens frais rasés avec leurs belles tites chemises et techniciennes en talons hauts, grimmées et gorgeuses à souhait , le tout enmusiqué par une DJette qui a réussi le tour de force de mettre du Top Forty de mariage et de la bonne musique aussi ! Réussite fracassante !

Le clou de la soirée a quand même été l’arrivée de notre Big Boss toujours aussi farfelu et délinquant ! Le mausus de fou est arrivé avec une perruque blonde platine,bouclée, longue et de mauvaise qualité sur sa tête, chevauchant un Bixi et se présentant fièrement comme étant le Director. Les gros goons Blacks de la sécurité à la porte ne l’ont pas trouvé drôle deux secondes et ne l’ont pas laissé passé ! Il aura fallu l’approbation des hautes instances pour le laisser enfin rentrer se déchaîner sur la piste de danse et enfin arriver à sa transe bollywoodienne tant espérée, c’est qu’il aime danser le Boss ! Il a fini son dernier projet en plâtre l’an passé tant il avait sauté partout dans une soirée organisée par lui-même !
Et hier soir ne faisait pas exception, on a failli réserver une chaise roulante par pure anticipation. J’avais déjà vu des gens se donner à fond dans la danse mais lui … il pourrait donner des cours de transe aux prêtresses Vaudoo et aux danseurs Sufi Derviches Tourneurs de ce monde ! Craque-pote rafraichissant ! Il a même apporté son CD de breakbeat Hindu … je savais même pas que ça existait !

Un duel de danse entre la Reine et le Demi-Dieu Indien aux cheveux blonds a eu lieu au milieu d’un grand cercle formé pour l’occasion et a fait taper des mains et cogner du pied tous les danseurs présents. Le garde du corps de la Reine nous a juré qu’il ne l’avait pas vu avoir autant de fun depuis un sacré boutte ! Merci Montréal et ses habitants festifs, ville de tous les débordements et de la belle liberté !

*Si danser une salsa endiablée avec un Nain ne faisait pas nécessairement partie de ma wish-list du party, sachez que c’est quand même chose faite et que ce fut une expérience pour le moins complexe vu ma taille déjà longue agrémentée de talons hauts de 4 pouces et la petitesse de mon charmant accompagnateur. J’ai testé mes capacités aux « dips » et aux squats ainsi qu’aux tours à gauche, tours à droite dans la position accroupie et ma foi, on ne s’en est pas trop mal sorti ! J’ai une vie quand même riche d’évènements vous trouvez pas ?

*Si on cause Nanisme, une fois le lot de jokes niaiseuses, quoi que divertissantes, passées, reste les questions plus délicates sur la vie à deux entre une personne de taille régulière et une personne de 3 pieds 4 pouces (parce que sur 7 mecs de taille mini, il y en a 5 avec des blondes de 5 pieds 3 en montant , un seul avec une femme de sa taille et un célibataire qui se meurt de toutes les filles sur le plateau, just so you know …) et suite à toutes ces causeries de haute voltige de l’intelligence et du bon goût, viennent les débats sur lesquels le groupe s’est scindé en deux.

 Des gens atteints de difformité ou d’anormalité devraient-ils se reproduire ou non, sont-ils assez égoïste pour se faire plaisir en oubliant tout ce qu’ils ont enduré de sarcasmes et de moqueries et faire subir ça à leurs enfants qui ont une chance sur deux d’être nains aussi OU étant déjà marginalisés de par leur statut, se donnent-ils le droit au bonheur d’une famille unie et aimante quoi qu’il en soit et se trouvent ainsi une part de « normalité » dictée par la société.

Je fais partie de ce groupe- là, surtout après avoir rencontré la toute petite femme et les deux très petits enfants d’un de nos 7 Dudes, papa exemplaire qui éduque, enlace tendrement, essuie les ti-becs pleins de crème glacée, colle sa blonde de 3 pieds deux et joue au ballon en gang avec les mononcs et les kids, tout ce beau monde filait là un bonheur quasi parfait et j’ai dû me mordre l’intérieur des joues pour ne pas faire des gros bizous en pincettes aux tout petits petits enfants de Mark et Cindy … J’en ai eu les yeux mouillés. Pendant ce temps, l’autre gang regardait cette scène avec amertume et pitié …
Débat, quand tu nous tiens …

*Pendant que la ville et ses infrastructure s’écroule, le party est pogné à tous les coins de rue, ici un feu d’artifice, ici un festival de musique émergente, ici un rassemblement de fermiers, là un concerto de Chopin pour pleins de pianos, de la Francophonie en Folie, des humoristes lachés lousses dans le traffic, du Jazz de partout, des vacances de construction, des clubs qui reçoivent les meilleurs DJ du monde, des gens différents qui en font une bonne raison de fêter … Babylone brûle les enfants ! Mais dansons pardi … Dansons !

On ramassera Lundi …

samedi 16 juillet 2011

Secrets et frous-frous


À quelques différences prêt, travailler pour les mêmes équipes de création qui elles, sont assistées des mêmes gestionnaires, qui eux sont engagés par les mêmes Boss pourrait être redondant et sans surprise. Mais que nenni mes amis ! Que nenni !

Si l’on considère que déjà, le sujet est complètement, mais que dis-je, diamétralement différent de celui de l’an passé, si l’on prend note que le casting est fondamentalement contraire et que la charge de travail se retrouve naturellement sur d’autres départements que ceux d’antan, well, on a un projet totalement unique en son genre. Impossible de comparer autre chose que les bons vieux irritants connus. Avec lesquels on deal assurément mieux vu qu’en terrain connu.

Par contre, des jeux ont été faits autrement et c’est tant mieux. Notre département a maintenant un Caporal venu des quartiers Irlandais de New-York, une main de fer dans un gant de velours, un cœur en chocolat et une honnêteté décapante. Une control freak juste, une « Tyrane » workaholique avec une fibre maternelle plus grande que la tour du CN et du métier magistralement intégré qui la rend respectable et aimable comme tout (ou malgré tout).

Évidemment qu’on est plus indépendants que ça quand vient le temps de travailler sur les tournages Québécois ou Américains mais les plateaux de cette ampleur font tellement de politicailleries que ça prend inévitablement un ministre de la Justice qui met son nez partout. On a l’équivalent de ce poste dans notre jolie ville et donc, la meilleure Coordo Montrealaise assiste la Capo Coordo New-Yorkaise et franchement, moi la Shirley ne m’en porte que mieux ! J’ai deux Formule Un de la gestion de costume qui nous enveloppent l’équipe de 60 quelque habilleurs-euses/costumières/couturières/acheteurs-euses/patineuses/accessoiristes de costumes/coupeurs/etc, etc …

Bref, rien à voir avec les hostilités du dernier projet dans ce département ! Rien ! Je peux enfin ne faire QUE ma job ! ! J’aimerais tant vous bombarder de jolies photos, mais c’est SECRET ! Des frous-frous multicolores et impénétrables !

En plus de manipuler les plus beaux costumes du monde, nos acteurs sont tous adorables, trooper comme 20, se sentent privilégiés d’avoir été choisis chez les plus jeunes, rigolent comme des bossus chez les plus vieux vu la frivolité de notre grand Gourou (le même que l’an passé) et les « grosses vedettes » sont professionnelles et ne font pas de vagues comparables au tsunami vécus à pareille date l’année dernière!

Notre fameuse vedette ne cesse de recevoir copains connus et amis célèbres de passage, invite les grands et les petits à faire partie du projet, insiste pour que la santé et l’idéal écologique des petites gens soient respectés par la production en nous faisant bouffer et boire dans du p’tit plat biodégradable et en fournissant des bouteilles d’eau de stainless plutôt que de se remplir la poubelle de petites bouteilles de plastoche, remercie tout le monde pour la journée et nous fait livrer des petites douceurs le matin suite à une journée de 18 heures. Ça compense pour toutes les fois où ça ne semble pas simple. Le titre de Diva ou de SuperStar vient avec plein de contradiction et c’est toujours comme ça. À nous de focusser sur ce qu’on aime et de balayer du revers de la main ce qui nous emmerde. Rien ni personne n’est parfait. Reste qu’elle a du goût en ce qui a trait à son entourage immédiat. Ils sont TOUS ET TOUTES adorables !

J’ai vécu de grandes émotions quand fut venu le temps de faire les scènes hautes en couleurs parce que je travaille sur un projet de type « once in a life time » et que jamais je n’ai vu un tournage dirigé par le département des costumes de cette façon; les habits sont si gros, lourds et grands que toutes nos habitudes de travail sont chamboulées et en plus, ça fait ouvrir la bouche toute béate devant la fantaisie et la beauté accumulée ! Fascinant ! Même les gros bras ouvrent de grands yeux !
Ça équilibre en joie le manque de sommeil, juré !

dimanche 3 juillet 2011

A man’s world ?

Où sont les hommes ?

Je veux dire, dans le département costume.
Où sont les hommes dans le département costume ? Bon .

Y’a de ces moments où l’on a besoin d’équilibre Testo-Progesto au sein d’une équipe et là ; zéro équilibre ! Niet ! Néant !
Je regarde mon bottin d’Union des artisans de la Péloche incorporé et ils sont 12 mecs versus une centaine de nanas ! Ça va pas du tout ! Non seulement ça va pas mais je vous dis, il serait bon d’y remédier ! Mesdames et Messieurs si vous sentez que vos petits garçons aiment jouer à la Barbie, envoyez-les moi ! Je les entrainerai comme une Yoda de l’habillage et ils arriveront sur leur premier plateau prêts comme des combattants Spartiates qui sont revenus de la forêt après avoir conquis la Bête !

Comme je dois par contre l’expliquer à chaque personne qui me dit qu’elle CA.PO.TE. sur le linge et la mode, il y a un monde, que dis-je, une galaxie entre Stylisme et Costume de cinéma et Costume de scène. J’en ajouterais en disant qu’une personne douée dans une de ces sphères ne le serait pas assurément dans l’autre. J’ai connu des costumières hallucinantes dans l’époque et le militaire mais nulles à chier sur des télé-séries modernes où les gens devaient avoir un air tout ce qu’il y a de plus Hip. Raté ! Gênant !

Une Styliste qui fait les looks les plus incroyables et qui connaît les derniers courants de la mode et qui sait ce qui va à qui, selon la physionomie, dans quelle genre situations différentes ne peut pas systématiquement donner un aura de vraisemblance à un acteur qui joue un itinérant ou un Punk en lui mettant n’importe quoi sur le dos. Non … c’est plus complexe. Mais pour revenir à mes moutons …

J’ai connu des garçons en couture, en Design, sur les courses et en atelier à l’assistanat mais sur le plateau, là où l’on prend le travail de nos compères de l’atelier, qu’on le gère, qu’on l’installe sur la bonne personne, qu’on le range, qu’on le transborde, qu’on l’archive, qu’on l’entretient et qu’on s’arrange pour que les acteurs et actrices soient un tant soit peu comfo ? J’imagine qu’il y a une part trop maternelle-femme-au-foyer dans cette job là en particulier qui rebute les joueurs de l’équipe Masculine et pourtant … J’ai connu des vilains acteurs qui ne voulaient pas qu’une « dame » les touche !

À ceux-là, je fais toujours la même joke redondante : -« Étant donné que je suis un homme homosexuelle pris dans un corps de femme suite à un mauvais sort, puis-je me permettre de vous faire votre nœud de cravate Sire ? » 9 fois sur 10 ça marche . HA !

Mais je ne pourrai pas toujours m’en sortir aussi facilement ! Faque hein ?!?
Si jamais , dans votre entourage, il se trouvait des gamins qui ont envie de taponner de la guénille, qui ont des dons sociaux hors norme et qui n’ont pas peur du gros travail lourd tout en manipulant de la dentelle, j’ouvre pas d’école mais je saurai les diriger !

Ya all know where i’m at !

mardi 28 juin 2011

Essais sur le mal de mère

Entre le plexus et juste un peu avant le début du pubis. Ça se crampe, se tord.
La cage thoracique est vachement moins confortable, comme trop serrée, mal ajustée.

Du côté gauche, plus en haut, le feeling d’un ballon de fête qui explose sous la peau. Un spasme qui fait peur, putain, mon cœur, me lâche pas s’il-te-plait !

Puis ensuite, comme une contracture sous le nombril qui kick jusqu’en arrière du dos. Comme un coup de pied avec des « combat boots » de skinhead enragé. Ça fait se plier en deux, l’avant -bras qui serre fort contre le ventre comme pour se faire un câlin d’urgence. Un « rescue 911 » inné pour soi-même.

Ai-je besoin de parler de la respiration qui devient difficile, voire quasi impossible ? Pourtant je fume plus … Les poumons sont sur une diète subite et ne fournissent plus, en phase terminale d’anorexie, oui c’est ça, l’anorexie des poumons.

On dirait que ça veut même se relâcher du côté des sphincters et que les boyaux pourraient tout laisser aller parfois, gravité aidant.
Après cette secousse sismique, juste après, le reste du corps suit les commotions dues aux chocs. Tout y est. Les tremblements, la sueur, la vue qui s’embrume de larmes déversées comme en Montérégie, l’air qui passe et qui enfin laisse échapper un cri.
Même pas libérateur …
La catastrophe naturelle d'un choc d'une mère face à son enfant en péril.
C'est ça que ça fait hein ?!?

À toutes celles qui ont vécu une peur ultime de perdre un enfant, qui deal avec la disparition, une fin trop abrupte, des maladies graves, des moments trop difficiles qui font perdre tout ascendant, des grandes insécurités ou des inquiétudes qui ne donnent jamais de répit, sachez que je pense à vous, que je compatie et que je vous somme d’en parler, de vous laisser aider, d’accepter les embrassades et les câlins.

N’essayez pas d’être trop forte en tout temps, criez à l’aide s’il le faut pour que jamais, la pression du mal de mère ne vous éloigne du seul chemin qui vaille la peine d’être suivi, celui de l’amour de nos enfants.

FREE HUGS XXXXXXXXXXX

dimanche 26 juin 2011

Petites vues du Dimanche













J'ai encore mal à la mâchoire et aux abdos et je m'en vais le voir au festival Just for laughs et je n'aurai pas de cancer parce que j'aurai ris pendant au moins une heure comme une malade !

jeudi 16 juin 2011

Ça s'en vient !

Au mois de Septembre, faudra vous garder une petite soirée pour aller au cinoche, en amoureux ou entre amis ou tout simplement seuls.
Je sens que ce sera pas gênant rendu au générique , je sens qu'on va encore avoir droit à une qualité sensible, poignante et débridée à la fois.

Au mois de Septembre, vous irez voir CECI et vous vous direz que la Shirley était heureuse pendant le tournage et qu'elle espère aussi compter ce film comme un film parfait : Lecture prenante, tournage exigeant mais tripatif et produit final au plus haut des attentes.

I believe !

samedi 11 juin 2011

Journalisme Jaune, incompétence et Gros parasites

Je ne crois pas apprendre quelque chose à qui que ce soit ici en vous annonçant tout haut que je méprise royalement le Journal de Montréal et son contenu. À part le format pratique broché au milieu, je ne trouve absolument rien de swell dans ce torchon. Bon. Voilà. C'est dit. Gros scoop .

Le fait que ce pamphlet vulgaire et kétaine soit lu par la majorité m’inquiète évidemment au plus haut point et je salue tout bas les quelques journalistes ayant du talent et de la concision qui sont passés par là et qui auront donné un tant soit peu de brillance au plat morbide qui y règne en général. Faut ben payer les comptes et le Journal emploie quand même pas mal de monde.
Bref, si je ne faisais que des films fabuleux, beleive me , je serais en train de laver des pare-brises coin De Lorimier et Notre-Dame ! Y’a pas de sot métiers me direz-vous mais tant qu’à écrire dans un journal de bas étage, autant le faire correctement et de façon professionnelle. Pas obligé de pondre du Proust à tout coup, of course ! Mais Bordel, écrire une nouvelle comme il faut avec les vraies informations, me semble que c’est pas si difficile !!!

Je vous fais faire une petite lecture :  ARTICLE VISÉ

Ça y’est ? C’est fait ? Vous vous sentez vachement instruit sur le vedette-aria du coin ? Montréal est donc ben jet-set pis toute le kit, vous dites vous ? Et ben quand ça jase cinoche et tournage, ne prenez JAMAIS au sérieux ce qui se dit dans ce canard médiocre ! C’est toujours à 100% FAUX et/ou bourré d’erreurs ! C’est TOUJOURS n’importe quoi !
Leurs « sources » n’en sont pas, c’est un ramassis informe de vieilles nouvelles, elles aussi erronées, empilées tout croche et lancées à vos visages de cinéphiles groupies prêts à gober tout ce qui se dit. Rebellez vous ! Exigez qu’on vous informe comme il le faut ! La vérité est pourtant accessible.

Erreur #1 :
Ce n’est PAS une première visite au Québec pour Mme la Star ! C’est la troisième fois qu’elle vient tourner ici : un film fait dans les années 90 (qui ne figure pas sur sa page IMDB) et un saut pour venir faire un joli caméo dans le film de son ami Georges Clooney, Confession of a dangerous mind.

Erreur #2 :
S’imaginer de voir la Dame au Grand Prix « demain » c’est donner l’impression qu’on est donc ben au courant de ses allées et venues et croyez- moi, elle TOUT sauf en train de regarder des bolides bruyants tourner en rond sur une piste de goudron; elle travaille comme une vraie professionnelle qu’elle est ! Pfffff …

Erreur #3 :
La production fait travailler 400 personnes dont 200 techniciens ? Vraiment ?
Si moi j’ai signé le contrat # 520 et que je suis technicienne, croyez-vous vraiment qu’un film de cette envergure n’emploie que 200 techniciens ??? Dans le genre mal connaître l’infrastructure d’un tournage de type fantastique, tourné en 3D, avec des grosses vedettes et des moyens faramineux , on peut pas faire mieux ! On est loin des productions Québécoises ou l’on doit justement, être en tout et au final, 200 personnes y compris les sous-traitants. Cette industrie, quoi que Mme ElGrabuge du même Journal de Montapage en pense, engage pas mal de monde et NON, on n’est pas nourris au caviar ni abreuvés au champagne !

Erreur #4 :
"Le Réalisateur pourrait parler en bien de notre jolie ville toute trouée puisqu’il a tourné les Productions Dawn of War avec Jake Gillenhaal ET Immortals mettant en vedette Mickey Rourke."

Très très fort ! Ah Bravo ! Madame Coudé Lord, pour votre propre savoir, Dawn of War et Immortals, c’est le même film. Le premier titre en était un de travail et le deuxième est l’officiel. Pendant que nous tournions ce film-là, Jake lui, tournait dans les studios voisins, un joli film flyé du nom de « Source Code » qui devrait sortir dans pas long.

Google Mme Lord vous connaissez ? C’est vraiment bien, on y apprend plein de choses !

Erreur #5 :
Erreur ou fantasme fantasque, Mme Roberts n’aura pas le temps d’aller conter fleurette avec Jean-Paul entre deux scones et de la confitures au lila, son horaire est tellement freaking chargé que sa vie personnelle, sera , comme la nôtre d’ailleurs, amputée de ce qu’on pourrait appeler des « good-times » et des temps de repos plus longs que la normale pour voir les potes. Cette femme est une actrice connue pour son amour du travail bien fait et sa rigueur et je vous dis, moi la insider, qu’on est mieux d’être prêts et concis parce qu’elle est ici pour travailler, pas pour aller faire jolie avec JP !

Erreur #6 :
Ici, un message bien personnel à la madame qui prend des photos de l’agence QMI, oui toi Chantal, tant qu’à prendre des clichés aussi lettes avec tout le matos technique que tes boss te fournissent, tu pourrais au moins te forcer le derrière pour prendre de plus jolies photos, le sujet est assez photogénique quand même ! Ou te réorienter dans la photo corpo ou l’industriel et leurs natures mortes. Paparazzi en Italien, ça veut dire GROS PARASITE. Juste un friendly reminder de même … J’espère que le gentil et très protecteur monsieur qui accompagne la comédienne te pogne et te fasse passer ton envie de prendre des photos à l’insu des gens en te faisant manger ton super-zoom avec du piment rouge !

Je suis extrêmement fâchée de cet article nul et grossièrement bâclé. Montréal avait, jusqu’à tout récemment, la belle réputation d’être un endroit où les gens connus pouvaient enfin savourer un peu de paix, que les badauds leurs faisaient un beau sourire et au pire , des salutations cordiales et des félicitations aimantes, qu’on ne photographiait pas leurs poubelles et qu’on se crissait éperdument de leur dernier flirt et de leur dernière diète, un endroit au monde où ils retrouvaient un peu pas mal de normalité et vous savez quoi ? Nous les techs qui passont le ¾ du temps avec eux, on est fier de cet aspect-là de notre Métropole !

N’allez pas tout gâcher ! Et je vous en prie, ne faites pas en sorte qu’on passe en plus pour des ignares pas capable de citer des faits vécus ( et notés en plus ) comme du monde !

Non mais !
Post Scriptum: Et faut surtout pas compter sur moi pour donner des infos privées, j'ai déjà refusé de jolies sommes à des journaux Américains qui voulaient des potins croustillants. Je trouve ça dégueulasse ! Voilà !

MAJ: On m'a dit qu'elle était même venue voir un amoureux de l'époque qui tournait à Montréal sur le tournage de "Abandon" ... 4ieme fois en terre Montréalaise donc. C'est ben pour dire ! Tant qu'à faire dans le potinage de concierge, autant le faire avec méticulosité.

mardi 7 juin 2011

Fanfreluches et autres coquetteries

Recouverts de crinolines, les vertugadins et cages surmonteront les bloomers et chaussons, eux-mêmes retenus par les jarretières et les rubans à gros-grain assortis. Aussi, une fois le corset lacé et ajusté, on y plantera un busc pour plus de droiture dans la posture. Le tout, recouvert de cache-corset ou corsage, agrémenté de fils précieux dessinant des lierres, des fleurs et aussi de fanfreluches colorées à souhait.

Les jupons en cascade , des fois longs, des fois courts, feront le bruit qui dicte si la Dame se balade ou si elle se presse et ne dépasseront que s’ils sont décorés de broderies délicates … à moins d’être une servante ou une roturière quelconque. Les fraises seront autour des cous et non dans les Charlottes, les jabots gorgeront les torses gonflés et les ponts aux boutons d’or couvriront les braguettes pompeusement gonflées et décorées comme des promesses reluisantes de plaisirs défendus !

Les perruques installées, grimpées et poudrées finiront le portrait au préalable maquillé au plus pâle des carnations offertes, les joues rosies et les cils allongés, les mouches et les mascarons pourront donner un air coquin sans tomber dans la vulgarité des femmes qui vont aux champs. Être de la Haute ne vous donne pas nécessairement de la classe et de la prestance non, négliger les bonnes manières peut assassiner tous les efforts mis à une toilette somptueuse. On donnera même dans le Suivez-moi-jeune-homme et dans les Engageantes, si seulement vous saviez …

D’ici la mi-Septembre, j’utiliserai des mots que je n’utilise presque plus jamais, j’essaierai de les traduire en Anglais, je trouverai avec mes amies des façons de ranger, classer, enfiler sans tout arracher des morceaux de vêtements dont on ignore dorénavant l’existence. On a fait sortir de sa Conciergerie le plus grand habilleur de tous les temps pour qu’il puisse venir orchestrer des hordes de Damoiselles et Damoiseaux venus danser sur un des plus beaux décors jamais construit à Montréal. C’était mon habilleur fétiche au début de ma carrière, je voulais être comme lui, muscles et moustache en moins. Il ne sort de sa deuxieme vie que pour des films d’époque grandioses, pour notre grand plaisir à toutes, il sera plus que servi !

Je fais une révérence bien basse à la Designer de ce film qui s’annonce comme une conquête de l’Everest du costume, à tous ceux et celles qui se donnent corps et âme depuis le mois de Février à rechercher, acheter, commander, couper, tailler, monter, expérimenter ,construire, coudre, fignoler, essayer et finaliser tous les somptueux costumes que je manipulerai avec soins et surtout, un sentiment de privilège, comme un commis de musée qui dépoussièrerait la Joconde. C’est qu’on donne pas mal plus dans le jeans et le t-shirt depuis une dizaine d’année, les films d’époque coutant définitivement trop cher. Pourtant, si je vous balançais mon CV, vous verriez que j’ai eu la chance de faire des p’tites vues qui se passaient de 1400 à 1970 sans oublier les 200 ans avant JC !

Mais des robes du style des Nobles et des courtisanes de la cour du Roi Louis 16 avec des collerettes Élisabéthaine le tout taillé dans des tissus avec des imprimés 1970 ??? C’est une première pour moi et pour tous ceux et celles qui auront la chance inouïe de faire partie de notre chouette équipe . On va travailler comme des ânes dans un décor féérique, runnés par un Fous Furieux de la Création dans des torrents de dentelles …

Y’a pire !